Le «Dreamliner», l'avion léger qui écrase tout

M.N

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Le premier Boeing 787 Dreamliner est sorti au grand jour dimanche près de Seattle (nord-ouest), étape importante pour l'avionneur américain alors que le carnet de commandes de ce biréacteur à la technologie révolutionnaire est plein jusqu'en 2015.
Le premier Boeing 787 Dreamliner est sorti au grand jour dimanche près de Seattle (nord-ouest), étape importante pour l'avionneur américain alors que le carnet de commandes de ce biréacteur à la technologie révolutionnaire est plein jusqu'en 2015. — Tangi Quemener AFP

Dimanche, ils étaient 15.000 personnes à admirer le nouveau long-courrier de Boeing, le B787 ou «Dreamliner». Une affluence à la mesure des espoirs placés par la firme de Seattle sur un avion qui s’est déjà forgé une réputation de «killer». A juste titre : le constructeur américain a enregistré 677 commandes fermes. Et avant même le premier vol commercial prévu en 2008. Un record. Il est vrai que le Dreamliner ne manque pas d’atouts

Design révolutionnaire et humidité à l’intérieur

Boeing a innové en matière de design. Pour le Dreamliner, les ingénieurs ont repris des plans du «Sonic cruiser», l’avion «supersonic» qui est resté dans les cartons de Seattle. L’aérodynamique futuriste permettra à « l’avion de rêve» de frôler les 1015 km/h (Ndlr : Mach 0,85). Et à l’intérieur, les matériaux utilisés maintiennent un taux d'humidité et de pressurisation équivalents à une altitude de 1800 m sur terre. Il y fera moins sec que les avions actuels



Léger et économe

Le B787 sera le long-courrier le plus léger jamais construit. Il a été conçu à partir de matériaux composites comme les fibres de carbones (50% de la structure totale). Boeing veut dire adieu à l’aluminium pour une raison simple: un avion plus léger est synonyme d’économie en kérosène. Le B787 se targue d’un gain de 20% sur la consommation en hydrocarbures. Des chiffres qui ne peuvent laisser insensibles les compagnies alors que le prix du Baril de pétrole caracole à 75 dollars.



Et derrière Boeing réalise un coup marketing en s’affichant comme un constructeur qui veut respecter l’environnement.

Les très longues distances privilégiées

Le Dreamliner s’inscrit dans la guerre impitoyable entre Boeing et Airbus. Avec une capacité de 200 à 330 sièges, un rayon d’action de 15.000 kilomètres sans escale, le B787 mise sur les liaisons rapides entre les villes moyennes. De son côté Airbus, avec son A380, a opté, pour l’instant, pour les gros-porteurs et une capacité de 800 passagers au maximum. Objectif: baisser le coup par siège de 15 à 20%. Mais devant le succès annoncé du Dreamliner américain, Airbus va répliquer avec son A350 prévu pour… 2013. L’avionneur européen a pris beaucoup de retard. Conséquence: à Seattle on arbore un sourire victorieux…



Une construction délocalisée

Design et structure composite ne sont pas les seules nouveautés. Pour la première fois Boeing va délocaliser une partie de la conception d’un avion. Des firmes italiennes et japonaises vont être mises à contribution. Autre exemple: le Français «Latécoère» fournira les portes «passagers». Une politique qui fait grincer des dents: les syndicats américains reprochent au constructeur de dilapider ses secrets de fabrication. Et redoutent surtout des pertes d’emplois.