Les webradios «vont poursuivre le combat»

INTERNET Paul Maloney est un des organisateurs du «Day of Silence» (jour du silence). Il revient sur le mouvement mené par les webradios américaines contre l'augmentation des droits d'auteurs...

Propos recueillis par Mohamed Najmi

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Paul Maloney est membre au Radio and Internet newsletter (RAIN). Il s‚agit de l'organisation qui a lancé le «Day of silence», un mouvement de protestation des web radios contre l'augmentation des redevances aux maisons de disques. Mardi, un millier de stations radios sur le Web ont coupé les ondes. L'objectif était d‚interpeller les membres du Congrès américain (chambre des représentants et sénateurs) sur les difficultés rencontrées. Vingt-quatre heures après la coupure des ondes, Paul Maloney dresse un bilan...

Est-ce que le «Day of Silence» a atteint son objectif?
Cela a été un grand succès. Nous avons réussi à attirer l'attention de nombreux médias sur notre mouvement. On a eu le droit à une couverture extraordinaire. Et des milliers d‚auditeurs ont contacté leur représentant au Congrès pour leur demander de soutenir les radios sur Internet. Certains auditeurs n‚ont même dit qu'ils ont appelé à cause du «Day of Silence».

Quels sont les élus qui vous soutiennent?
Il y en a beaucoup: 123 représentants (sur 435 siégeant à la chambre) ont signé le «Internet Radio Equality Act» ( Un projet de loi qui soumet les webradios à la même législation que les stations hertziennes). Ainsi que deux sénateurs (le Sénat en compte cent).

Et qui, au Congrès, à Washington, est favorable à l'augmentation des droits d'auteurs?
Aucun élu ne dit publiquement: "nous ne soutenons pas les webradios". Ils ne le feront jamais, mais nous savons que plusieurs d'entre eux ont toujours voté en faveurs des majors.

Après avoir coupé les ondes pendant une journée, pensez-vous à une autre forme d'action au cas où le Congrès ne vous entendrait pas?
C'est difficile à dire. Mais si on en reste là, je suis certain que de nombreuses radios sur le Web fermeront et disparaîtront de la Toile, y compris les plus importantes comme Yahoo Launch. Quant à l'avenir de notre lutte, je pense que la plupart des stations vont continuer le combat jusqu'à ce que l'on trouve une solution. Nous, ce que nous voulons, c'est un compromis.