Le Français Mark Karpelès, au centre de la plus grande faillite bitcoin de l'histoire, arrêté au Japon

ECONOMIE La police le soupçonne d'avoir falsifié les données de ses comptes...

Philippe Berry

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Mark Karpèles, le PDG français de l'entreprise japonaise Tibanne, propriétaire de l'ancien site d'échange de bitcoins MtGox.
Mark Karpèles, le PDG français de l'entreprise japonaise Tibanne, propriétaire de l'ancien site d'échange de bitcoins MtGox. — TIBANNE

Où sont passés les bitcoins ? Un an et demi après la faillite de la plateforme d’échanges MtGox suite à l’évaporation de l’équivalent de 355 millions d’euros, la police japonaise a arrêté le Français Mark Karpelès, samedi matin. Selon l’agence Kyodo, le PDG de ce qui fut à l’époque le plus important marché bitcoin du monde est soupçonné d’avoir accédé au système informatique de la plateforme et d’avoir falsifié les données de ses comptes.

En 2014, Karpelès, décrit par un ancien employeur interrogé à l’époque par 20 Minutes comme un « supergeek », avait expliqué que MtGox avait été victime de mystérieux hackers. Ces derniers auraient, selon lui, exploité une faille inhérente au protocole de cette monnaie virtuelle pour siphonner l’argent.

Deux agents du FBI inculpé aux Etats-Unis

La police, elle, raconte une autre histoire. Selon la chaîne NHK, les autorités pensent que les bitcoins ont été envoyés sur un autre compte et que Karpelès sait ce qui s’est passé.

Pour compliquer le tout, l’affaire prend une dimension tentaculaire qui s’emmêle avec le procès de Silk Road, ce site underground où la drogue se réglait en bitcoins. Récemment, deux agents du FBI qui avaient réussi à pincer le fondateur Ross Ulbricht ont été inculpés pour avoir volé des pièces virtuelles. Selon The Daily Beast, les agents auraient tenté de faire pression sur MtGox et Karpelès pour lui extorquer des fonds ou signer un partenariat. Devant son refus, ils auraient ensuite fait saisir les fonds américains de MtGox, potentiellement pour couvrir leurs traces. Le feuilleton ne fait que commencer.