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«Myspace, ce n’est pas le souk, c’est l’expression de chacun»
INTERVIEW – Travis Katz, vice-président et directeur général de MySpace International...Propos recueillis par Alice Antheaume
MySpace compte 180 millions de profils dans le monde dont 1,5 million d’utilisateurs français. Un mastodonte sur le Net, qui lance aujourd’hui une version test de «MySpace IM», sa messagerie instantanée, «un outil bien plus ludique que Messenger», promet Travis Katz, vice-président et directeur général de MySpace international. Interview.
Y a-t-il des différences entre le MySpace français et les MySpace des autres pays?
Le contenu de MySpace est crée par ses utilisateurs. Notre philosophie, c’est d’adapter ces contenus (films, musique, vidéos, etc.) aux intérêts des internautes, d’écouter leurs besoins. Partout dans le monde, nous cherchons à créer une communauté interconnectée, mais la communauté de MySpace France est particulièrement créative et branchée avec beaucoup de mouvements indépendants. Cela reflète la culture française, toujours précurseur des tendances. Il y a sur MySpace France une communauté appelée «boudoir» composée de stylistes, de créateurs et de magazines de mode. Karl Lagerfeld a son profil sur MySpace, Jean-Paul Gaultier aussi. Cette communauté n’existe dans nul autre pays.
On parle plus souvent de musiciens pour qualifier la communauté de MySpace plutôt que des stylistes. Cela vous ennuie quand on réduit MySpace à la musique?
Dire que MySpace est uniquement le royaume de la musique, c’est mal nous connaître. Mais ce n’est pas étonnant : il y a deux ans, presque tous les musiciens se sont créé un profil sur MySpace et ont utilisé avant tout le monde des outils présents sur le site. Il y a un autre malentendu nous concernant: nous ne rendons pas certains de nos internautes célèbres en organisant le buzz. Le phénomène se construit naturellement, sans que l’on intervienne. Mais la musique n’est qu’une fraction de MySpace, qui offre une large palette d’autres possibilités (faire des vidéos, partager des photos, communiquer avec ses amis, etc.)
MySpace n’est pas le seul à proposer cette vaste palette. D’autres réseaux sociaux le font, notamment Facebook qui s’est implanté en France il y a moins d’un mois. Comment faîtes-vous face à cette concurrence?
La compétition nous fait avancer et nous évite de nous reposer sur nos lauriers. Facebook bénéficie d’un gros buzz en ce moment mais MySpace est quand même trois fois plus gros qu’eux. Sur MySpace, chaque page est différente, alors que sur les autres sites, tout le monde a la même page, comme si tous les internautes se ressemblaient.
Certes, mais du coup, MySpace ressemble à un foutoir géant, avec ces pages qui partent dans tous les sens…
Ce n’est pas le souk, c’est l’expression de chacun. Quand vous vous rendez chez quelqu’un, son appartement vous apprend beaucoup de choses sur votre hôte. Sur MySpace, c’est pareil. Nous n’allons pas demander à ceux qui ont choisi d’avoir une page un peu désordonnée de ranger leur chambre! Quand MySpace s’est lancé, des experts de la Silicon Valley nous disaient que cela ne marcherait pas, que c’était trop le désordre. Nous avons préféré écouter les internautes plutôt que les analystes. Résultat aujourd’hui: qui a eu raison?



















