Comment Facebook compte lutter contre les «pièges à clics»?
HIGH-TECH•Le réseau social a annoncé ce lundi deux mesures pour diminuer la visibilité des publications racoleuses…Anne Demoulin
Ras-le-bol des parutions racoleuses? Facebook a annoncé lundi dans un post paru sur son blog officiel deux mises à jour visant à diminuer la visibilité des publications, dont les titres, photos et chapô ne sont que des «click-baiting» («piège à clics»).
Qu’est-ce qu’un «piège à clics»?
Un «piège à clics» est pour Facebook une publication qui appâte l’internaute avec une accroche volontairement mystérieuse. Pour les besoins de la démonstration, Facebook a fabriqué un faux message: «Vous ne devinerez JAMAIS qui sont ces deux stars qui se sont battues sur le tapis rouge hier soir!! CLIQUEZ pour savoir!! ---- > http://bit.ly/1b7quT9».
Cette technique dite du «harponnage», souvent utilisée par des sites peu scrupuleux du type BuzzFeed, vise à récolter un maximum de clics et à figurer dans les infos les plus populaires de la journée, au sommet du fil d’actualité. Le harponnage montre la faiblesse d’un système de mise en valeur qui repose sur la pertinence mesurée par le nombre de clics.
Pourquoi Facebook s’engage dans cette lutte?
De nombreux journalistes ont remis en cause la qualité du flux d’actualité de Facebook. Un journaliste de la prestigieuse revue Wired a montré que la logique du «J’aime» poussée à l’extrême était absurde. Le Washington Post a démontré que l’on voyait finalement peu de publications de nos amis.
La multiplication des accroches à attrape-nigauds commence à susciter un certain ras-le-bol au sein de la communauté. «80 % des utilisateurs que nous avons interrogés ont indiqué qu’ils préféraient être confrontés à des titres qui les aidaient à déterminer s’ils voulaient lire l’article en entier ou non avant de cliquer», précise Facebook.
Comment Facebook va-t-il procéder?
Pour réduire ces nuisances, Facebook va inclure de nouveaux facteurs dans ses algorithmes. Le réseau social va prendre en compte le temps passé par les internautes sur un article. Si l’internaute ne reste que quelques secondes sur un article, c’est que le lien était décevant.
Facebook va calculer le ratio «J’aime»/clic/partage/commentaire afin de déterminer la valeur d’un contenu externe. Si de nombreux utilisateurs cliquent sur un lien sans le partager sur leur profil ou sans indiquer «J’aime», la qualité de ce contenu peut être remise en question.
Une seconde mise à jour privilégiera les liens plutôt que les photos associées à une URL. La photo associée à une URL est intéressante pour les médias publiant des contenus de qualité médiocre, contrairement au format lien, le début de l’article n’apparaît pas sous la photo.
Qu’est-ce que cela change pour l’internaute?
Grâce à ces mesures, mais aussi celles visant à indiquer les contenus parodiques, Facebook affiche clairement l’ambition de réhausser le niveau de l’information sur son réseau. Ainsi, votre fil d’actualité sur Facebook devrait être plus «intéressant et pertinent» dans les mois à venir.



















