Club-Internet à vendre

INTERNET Sa maison mère, Deutsche Telekom, cherche un repreneur…

P.B. avec AFP

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Le gouvernement allemand a apporté mercredi son soutien à Deutsche Telekom en se prononçant en faveur d'une régulation souple pour son nouveau réseau à fibre optique, sur lequel l'opérateur est en conflit avec Bruxelles depuis plusieurs mois.
Le gouvernement allemand a apporté mercredi son soutien à Deutsche Telekom en se prononçant en faveur d'une régulation souple pour son nouveau réseau à fibre optique, sur lequel l'opérateur est en conflit avec Bruxelles depuis plusieurs mois. — John MacDougall AFP/Archives

Deutsche Telekom y réfléchissait depuis plusieurs semaines, c’est désormais officiel: sa filiale Club-Internet est à vendre. «Cette annonce n'est absolument pas surprenante car elle s'inscrit dans la continuité de l'évolution du marché français de l'ADSL depuis quelques mois», estime Vincent Poulbère, analyste à l'institut d'études Ovum.

En août, Neuf Cegetel annonçait en effet le rachat d'AOL France pour 288 millions d'euros. En octobre, l'opérateur suédois Tele2 vendait ses activités de téléphonie fixe et Internet haut débit en France à l'opérateur mobile SFR pour 350 millions.

Ces rachats n'ont rien changé, pour l'instant, pour les clients AOL et Tele2, qui gardent les mêmes tarifs et adresses mail. Cela devrait être aussi le cas pour les 600.000 clients ADSL et 300.000 à 400.000 clients bas débit de Club Internet.

Les gros mangent les petits

En quelques mois, le secteur français de l'Internet a brutalement accéléré sa consolidation autour de trois grands acteurs: France Télécom (5,92 millions de clients), Free (2,27 millions) et Neuf Cegetel (2,17 millions).

Particulièrement en pointe sur le haut débit, la France a «inventé» les offres triple-play (Internet, télévision et téléphone). «Le marché français est très concurrentiel en prix par rapport à d'autres marchés européens, avec un standard du marché établi par Free à 30 euros par mois pour une offre triple-play, ce qui est un prix très agressif», note Vincent Poulbère.

Difficile donc, pour les petits acteurs de résister commercialement, d'autant plus que le marché, en perpétuelle innovation, se tourne désormais vers la fibre optique, qui permettra de meilleurs débits mais demande des investissements colossaux. Pour Vincent Poulbère, «on peut se poser la question de l'avenir des petits acteurs comme Alice (filiale de Telecom Italia, ndlr).