Agacé, Orange explique qu’il serait «ridicule» et «contre-productif» de «dégrader la 3G»

Anaëlle Grondin

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Illustration: Une jeune femme utilise un smartphone.
Illustration: Une jeune femme utilise un smartphone. — SERGE POUZET/SIPA

«Nous n’avons jamais dégradé volontairement la qualité de notre réseau 3G». Mardi, Stéphane Richard, le PDG d’Orange, démentait les «accusations sans fondement» de l’UFC-Que Choisir.  Après s’être attaquée à la 4G, l’association de défense des consommateurs dénonçait la semaine dernière les déficiences des réseaux 3G en France, suspectant une manœuvre de la part des opérateurs afin d’organiser une «transhumance forcée vers leur réseau 4G».

L’UFC-Que Choisir s’est appuyée sur deux études. Une première réalisée en janvier dernier, qui pointait déjà du doigt la mauvaise qualité des réseaux 3G, et celle publiée la semaine dernière, selon la même méthodologie. Intentionnellement ou non, la qualité des réseaux 3G s’est-elle réellement dégradée ces dernières années?  20 Minutes a posé la question à Orange, qui botte en touche. Agacé, l’opérateur téléphonique ne veut pas entendre parler des études de l’association de consommateur, même d’un point de vue purement technique: «On ne commente pas ces mesures. Tout le monde peut en faire. On ne va pas s’amuser à faire des contremesures à chaque fois que quelqu’un sort une étude du chapeau».

L’Arcep aura le dernier mot bientôt

Orange ajoute que seules les études menées par l’autorité de régulation des télécommunications (Arcep) importent: «Elle sert à faire des mesures tous les ans, reconnues comme telles. La prochaine est attendue pour début 2014». Pour rappel, dans sa dernière synthèse sur la couverture 3G en France rendue publique en décembre 2012, l’Arcep soulignait que la qualité des communications (pour un appel non coupé pendant deux minutes) était très bonne en ville, quelle que soit leur population. En revanche, une communication sur deux était moyenne en TGV. L’autorité de régulation remarquait aussi que la qualité avait beaucoup baissé dans les transports en commun.

Guerre par médias interposés

«Le réseau 3G est indispensable», se défend Orange ce mercredi. «La majorité de nos clients sont en 3G, on en a encore besoin. La voix passe toujours en 3G, ce serait ridicule et contre-productif de "dégrader le réseau"!». L’opérateur  poursuit: «C’est impossible de délaisser la 3G même si la 4G est un enjeu majeur et qu’on veut la déployer le plus rapidement possible».

La guerre est déclarée avec l’UFC-Que Choisir. Les arguments de l’association «témoignent de leur méconnaissance technologique», tacle Orange. «Ils disent des choses incohérentes, et ne s’expriment que par voie de presse, s’insurge l’opérateur. La semaine prochaine ce sera quoi? La qualité de la 2G?»