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« C’est très mauvais » : Un prêtre critique les jeux vidéo religieux

« C’est très mauvais » : Quel est le regard de l’Eglise sur les jeux vidéo religieux ?

Sacrés jeux•Le pape Léon XIV est en France. L’occasion pour beaucoup de mettre à l’épreuve leur foi. Mais est-ce que les jeux vidéo peuvent permettre aux gamers de réviser leurs préceptes religieux ?
Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Sur la plateforme, mais aussi sur les consoles rétro on peut retrouver une multitude de jeux religieux, dont le but est de diffuser la foi chrétienne.
  • Ces jeux sont pourtant réalisés avec des budgets restreints. Leur gameplay ainsi que leurs graphismes restent largement à désirer et sont en retard sur les progrès que peut faire l’industrie.
  • Pour le prêtre Bertrand Monnier, auteur des « Dix commandements du jeu vidéo », si l’on veut mettre le religieux en priorité dans le gaming, on produit quelque chose de « médiocre ».

Avec la venue du Pape Léon XIV à Paris, certains fidèles revoient leur copie. Et parmi les moyens d’entretenir sa foi, certains optent pour un moyen étonnant : le jeu vidéo.

Et les titres ne manquent pas : I Am Jesus Christ, Captain Bible in Dome of Darkness, Church Simulator… Mais ont-ils un gameplay de qualité ? Et sont-ils, selon l’Eglise, une bonne manière de transmettre la foi ?

Un mix entre jeux éducatifs autour du catéchisme et jeux plus classiques

Lorsqu’on a peu l’habitude du monde du gaming, il peut être difficile de se dire qu’il existe des jeux bibliques. Surtout quand parmi les titres les plus connus il y a GTA 6 ou Call of Duty. Mais comme pour tout art, voir plus, tout est possible dans le jeu vidéo.

Plusieurs développeurs ont donc décidé de créer des jeux autour des valeurs chrétiennes et des préceptes bibliques. Et avec tous les codes des jeux vidéo classiques : Role play, jeux de gestion… Parmi eux, on compte Captain Bible in Dome of Darkness, créé en 1994 par Bridgestone Multimedia Group. Vous y incarnez un super-héros membre de Bible Corp, chargé de battre des robots maléfiques qui diffusent des idées païennes à coups de versets de la Bible. Plus récemment est aussi sorti I Am Jesus Christ. Le joueur incarne donc Jésus, et reproduit ses différents miracles.

Un gameplay parfois loufoque et en retard sur son temps

Ce dont on se rend compte avec ces jeux, c’est qu’ils ont souvent peu de budget de production. Très régulièrement les graphismes sont de mauvaise qualité. Dans Church Simulator, on vous conseille de ne pas regarder de trop près les bébés que vous baptisez, ou vous risqueriez de le regretter. Pareil pour I Am Jesus Christ, où l’on a l’impression d’être de retour dans les années 2010 à la sortie de The Elder Scrolls V : Skyrim.

Dans ce jeu sorti en avril 2026, vous devez reproduire les miracles associés à Jésus. Donc changer l’eau en vin, marcher sur l’eau et revivre. Mais vous pourrez aussi balancer des sortes de boules de feu tirer des lasers avec vos mains et devenir invisible. Une interprétation qui entraîne forcément la question du regard de l’Eglise sur ce genre d’œuvres.

« Il n’y a pas d’écrits de l’Eglise concernant le jeu vidéo »

20 Minutes s’est donc entretenu avec le Père Bertrand Monnier, spécialiste des jeux vidéo, de la musique métal et des tatouages. Membre du diocèse de Verdun, il a notamment écrit « Les Dix commandements du jeu vidéo ». Ce que le Père Monnier souligne avant-tout, c’est qu’il faut faire la différence entre les œuvres religieuses, et celle qui utilisent des éléments religieux, sans volonté de prosélytisme. « Concernant les jeux religieux, l’Eglise a beaucoup de retard. Il n’y a aucun écrit sur le sujet. » Raison pour laquelle il a tenu à préciser que ses propos n’étaient pas ceux du Vatican, mais ceux « d’un théologien et d’un spécialiste des jeux vidéo ».

Selon lui, les œuvres inspirées de la religion ne posent pas de problème. C’est plutôt lorsqu’on prétend vouloir faire une œuvre religieuse qu’il peut y avoir des soucis : « Si on met les éléments religieux avant ceux de la création artistique, non seulement on tombe dans le prosélytisme, mais encore plus grave, on produit une œuvre extrêmement médiocre ». Lorsqu’on lui demande si l’Eglise serait à même de condamner certains de ces jeux, l’ecclésiastique répond : « Chaque œuvre mérite d’être examiné. C’est un sujet très complexe. Il y a tellement de manières de représenter la religion. Et l’intention derrière compte aussi ».

Ce que recherche le Père Monnier, quand il joue à un jeu vidéo, c’est avant tout « un bon jeu ». Et d’après lui, ce n’est pas dans les jeux religieux qu’il le trouvera. De son point de vue, ils sont tous « très mauvais ». Il est plutôt intéressé par les studios qui veulent avant tout faire une œuvre de qualité, comme HeartStone de Blizzard ou Age of Empire.