20 Minutes avec AFP
Comment réduire les captures accidentelles de dauphins, pris dans les filets de pêcheurs ? Jeudi, à l’occasion d’une conférence de presse à Nantes, l’Ifremer a présenté une nouvelle initiative, pour mieux comprendre les comportements de ces mammifères : des caméras.
Larges d’une vingtaine de centimètres, elles sont posées sur le dos de dauphins communs en pleine mer, à l’aide d’une perche. Elles enregistrent des images, des sons et mesurent la profondeur à laquelle plongent les individus. Puis les appareils se détachent d’eux-mêmes au bout de quelques heures et sont récupérés grâce au signal qu’ils émettent en flottant à la surface.
« Trouver des solutions mieux ciblées »
Deux déploiements de deux caméras ont jusqu’ici été opérés avec succès, selon l’institut de recherche. Les images filmées lors de ces opérations montrent les dauphins évoluant à la surface ou sous l’eau, chassant des bancs de petits poissons aux côtés de thons rouges et survolés par des fous de Bassan.
« Connaître le comportement et notamment les stratégies d’alimentation du dauphin, où il va, quand est-ce qu’il pourrait rencontrer des engins de pêche, va nous permettre de trouver des solutions qui soient mieux ciblées dans le futur », a expliqué Germain Boussarie, chercheur à l’Ifremer. Par ailleurs, les caméras embarquées pourraient également « permettre de voir quels sont les effets du réchauffement climatique sur le comportement du dauphin et donc sur la viabilité à long terme de la population », souligne-t-il.
60 % de capture en moins
Pour réduire les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, le gouvernement a reconduit pour début 2027, la quatrième année consécutive, la fermeture d’un mois de la pêche pour certains navires équipés de chaluts ou de filets. Cette mesure a réduit de 60 % les captures accidentelles à l’hiver 2024/2025, selon l’observatoire Pelagis, rattaché au CNRS et à l’Université de La Rochelle (1.900 dauphins communs morts contre 4.700 en moyenne par hiver entre 2017 et 2023).
De nombreux pêcheurs se sont parallèlement équipés en répulsifs acoustiques (pingers), en balises sur leurs filets et en caméras embarquées, mais aucune solution technique parfaite n’émerge encore malgré les nombreuses expérimentations en cours. Fin juin, le tribunal administratif de Paris, saisi par des ONG de défense de l’environnement, a exigé de l’État un « plan national d’actions » d’ici un an pour mieux protéger les dauphins dans le golfe de Gascogne.