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Finale du Top 14 au Camp Nou: «Le rugby français est sans domicile fixe», assure Serge Blanco

Finale du Top 14 au Camp Nou: «Le rugby français est sans domicile fixe», assure Serge Blanco

RUGBYLe vice-président de la Fédération estime «grave» qu’une finale «nationale ne se joue pas sur le territoire»…
B.V. à Marcoussis

B.V. à Marcoussis

«C’est un p****** de stade!». Une finale du Top 14 au Camp Nou de Barcelone, ça fait certes rêver Wesley Fofana, le centre de Clermont et de l’équipe de France. Mais du côté des instances du rugby français, la nouvelle d’une délocalisation du dernier match de la saison 2016 en Espagne est «grave», comme l’a expliqué devant les médias à Marcoussis Serge Blanco, vice-président de la Fédération, co-organisatrice avec la Ligue de l’événement.

Comprenez-vous la colère des supporters qui viennent d’apprendre que la finale du Top 14 2016 aura lieu en Espagne?
Je la partage à 100%. Mais qu’est ce que vous voulez que je vous dise? La Ligue a pris une décision, en accord avec nous, et nous la comprenons. C’est complètement fou d’aller jouer dans un autre pays, mais y avait-il d’autre choix? Aujourd’hui, le rugby français est sans domicile fixe et je pense que c’est quand même grave, pour un sport qui a une telle notoriété et qui amène une telle force économique sur le territoire, de ne pas pouvoir jouer la finale de son championnat dans son propre pays.

Tous les stades potentiels sont réquisitionnés pour l’Euro de foot…
On s’aperçoit que le contribuable paie non pas pour l’ensemble des sports mais pour un sport qui se veut être au-dessus de tous les autres et qui s’appelle le football. Il peut y avoir une très grande compétition [l’Euro 2016, organisé en France] ou certains aspects sportifs susceptible d’abîmer un peu les pelouses, mais je ne peux pas comprendre qu’une finale nationale ne soit pas jouée sur le territoire. Ce sont des stades d’Etat. Et ce sont les contribuables français et locaux qui paient les impôts.

Cela va dans le sens de la création d’un grand stade dédié au rugby
Ça relance effectivement l’idée d’avoir un outil de travail qui puisse permettre à la Fédération et à la Ligue d’avoir une forme d’indépendance, pour ne pas dire plus. On est aujourd’hui à un tournant de la vie rugbystique française. Il faut que collectivement, nous décidions de passer le cap. Et ce n’est pas parce qu’on parle d’une certaine somme que ça devient complètement fou. Ce n’est pas le cas. On est dans une zone de contrôle et d’étude.

Où en est le projet?
Nous devons choisir entre deux constructeurs potentiels. En décembre, nous entamerons les discussions avec un constructeur.

Il y avait malgré tout d’autres stades disponibles, comme Gerland ou Chaban-Delmas…
On peut y jouer une finale bien sûr, on peut même jouer à Aguilera (stade de Biarritz, dont Blanco est aussi le président). Non, sérieusement, quand on veut amener une dimension exceptionnelle à un événement, il faut respecter les acteurs. Economiquement, aujourd’hui, tout le monde veut nous recevoir. Tous les stades qui se construisent actuellement ont mis dans leur business plan que l’équipe de France de rugby viennent y jouer. Et pourtant, aujourd’hui, on se pose la question de savoir où l’on va jouer… On va voir maintenant si certaines instances, qui ne sont pas sportives, vont réagir et s’insurger. Pourquoi nous, nous aurions toujours un problème à résoudre? Est-ce qu’aujourd’hui, dans le monde politique français, quelqu’un est capable de dire: «Stop, ce sera comme ça et pas autrement?»