Coupe de France: Bienvenue à Brest, le fief des derniers «haters» de Guingamp
FOOTBALL•Les deux clubs jouent jeudi en quart de finale de la Coupe de France…Antoine Maes
On n’en est pas encore au point de voir des maillots de Guingamp dans toute la France. Mais, il faut bien le constater: depuis plusieurs semaines et la réussite parfois insolente de l’En Avant, le foot français s’extasie devant la réussite des hommes de Jocelyn Gourvennec. Une mode EAG qui a gagné à peu près tout le pays, sur l’air de «c’est quand même vachement fort ce qu’ils sont en train de faire». Mais des irréductibles résistent encore et toujours à la hype guingampaise.
On les trouve à Brest, à 113 km exactement de la cité de Claudio Beauvue. Ici, pas question de s’extasier devant le miracle du voisin du voisin costarmoricain, alors que les deux clubs se préparent dans leur coin à un quart de finale de Coupe de France. «Guingamp le petit club sympa, c’est peut-être un truc qui se vit à Paris, mais pas ici, annonce Thomas, membre des Celtic Ultras de Brest. Ils sont vus comme un club tout petit, tout gentil, tout bien. Et nous, on est les méchants brestois. On est à la pointe de la France et personne ne nous aime. Je ne vois pas pourquoi on ferait un effort pour aimer les autres.»
Et encore moins pour les habitués du Roudourou. Mathieu, 30 ans, lui aussi ultra brestois, a pourtant fréquenté le stade guingampais cette saison. «C’était contre la Fiorentina en Ligue Europa, j’ai passé la journée avec les supporters italiens. Et j’étais content qu’ils [Guinguamp] perdent. Parce que ce n’est pas leur place, et qu’ils arrivent aussi loin dans la compétition, c’est illogique.» D’ailleurs, les jeudis soirs de Coupe d’Europe, Thomas raconte avoir plus souvent «regardé Nouvelle Star» que squatté sa télé pour regarder l’EAG défendre l’indice UEFA de la France.
Evidemment, la rivalité est aussi inscrite dans la géographie: «Eux, ils revendiquent fièrement leur côté campagnard, nous, on revendique clairement qu’on vient de la ville et au bord de la mer», reprend Mathieu, en insistant bien sur «au bord de la mer». A Brest, on prend très au cœur ce rôle de vilain, et le Guingamp-bashing est presque une obligation. Il va de la blague d’école primaire aux tags franchissant allègrement les limites du bon goût faisant référence à une affaire de bébé congelé qui s’est déroulée à quelques kilomètres de Guingamp.
Mais la cible préférée des Brestois, c’est Noël Le Graët. Longtemps président de l’En Avant, l’actuel patron de la FFF est accusé d’avoir causé la perte d’un Stade brestois à l’agonie en 1991. «Ce mec-là est parti dans son optique de puissance régionale avec son club, reprend Thomas. Et il a pourri un club qui aurait pu avoir du pouvoir en Bretagne. Guingamp, ça reste Guingamp, avec 7.000 habitants. Brest il y en a 300.000». Et au moins autant de haters.


















