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Mondiaux d'athlétisme: «Ca ne me fait plus rien de voir Bolt»... Jimmy Vicaut raconte la chambre d'appel du 100 m

Mondiaux d'athlétisme: «Ca ne me fait plus rien de voir Bolt»... Jimmy Vicaut raconte la chambre d'appel du 100 m

INTERVIEWLe Français arrive à Pékin avec le record d'Europe...
Romain Baheux

Romain Baheux

La course y commence une petite heure avant le coup de pistolet. La chambre d’appel, où les officiels vérifient l’équipement des athlètes avant l’entrée sur la piste, rassemble les sprinteurs en un huis clos stressant. Recordman d’Europe du 100 m et chance de médaille tricolore aux Mondiaux de Pékin, Jimmy Vicaut raconte cette proximité avec Usain Bolt, Justin Gatlin et les autres avant son entrée en lice samedi.

Comment vous comportez-vous en chambre d’appel ?

Je reste dans ma routine, ça m’arrive même de continuer mon échauffement. Je fais des montées de genoux, des talons-fesses, histoire de poursuivre au maximum ma préparation. Je n’ai jamais essayé de mettre la pression aux autres en leur jetant des regards durs. Je n’y crois pas, la plupart s’en fiche complètement.

Quelle est l’ambiance ?

Il y a beaucoup d’intox. Tu vois certains, ils font les crâneurs. Tu en as d’autres, comme Kim Collins, qui vont chanter avant d’aller sur la piste. Certains crient fort. Je connais les lascars, je sais comment ils sont en course. A Daegu (Corée du Sud), avant la finale des Mondiaux de 2011, ça me faisait bizarre de voir des sprinteurs montrer leur joie.



Et maintenant ?

Honnêtement, ça ne me fait ni chaud ni froid. Avec les années et l’expérience, tu apprends à prendre ça différemment, tu as une meilleure approche du championnat. Là, je me pose et j’attends, assis, que le temps passe jusqu’à la course. J’aimerais bien avoir de la musique dans les oreilles mais ça n’est pas possible car les casques sont interdits en chambre d’appel.

Vous voyez des comportements bizarres parfois ?

Pas du tout. Il y a juste le côté « regardez, on est là » chez certains sprinteurs. Les Américains qui roulent des mécaniques ? C’est un cliché mais ça fait partie de la personnalité de certains.

Les autres sprinteurs viennent-ils vous parler ?

On ne discute pas. Ça parle entre Américains et Jamaïcains et nous, on est un peu délaissés dans notre con (rires). Bon, je vais échanger avec les Français s’il y en a dans ma course. Quand c’est le cas, c’est souvent Christophe (Lemaitre) ou Manu (Biron). Là, on parle de tout et de rien, un peu de la compétition, on essaie de se détendre ensemble.

>> VIDEO. Suspendu quatre ans pour dopage, le retour supersonique de Justin Gatlin crée un malaise

On pense à quoi quand on a Usain Bolt à côté de soi ?

A Daegu, ça m’avait fait bizarre de le voir. C’est impressionnant. Tu te dis, « ça y est, je cours avec le patron », l’homme que tu vois à la télévision et qui bat des records. Maintenant, ça ne me fait plus rien de voir Bolt. C’est « bof », sans plus.

Et Justin Gatlin ?

Gatlin, il est normal. Il marche, il ne parle pas sauf avec ses collègues américains. Soit il discute avec eux, soit il est dans son coin à se concentrer.

Et vous, on vous regarde comment ?

Il y a plus de respect. Avant, j’étais le petit nouveau, le petit jeune de la course. Tu sens que ça change quand tu réalises des chronos intéressants. C’est une discipline où tout le monde regarde ce qu’il se fait ailleurs. Même Bolt.