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Cyrille et Hassan, funambules du plongeon

Cyrille et Hassan, funambules du plongeon

natation Deux Strasbourgeois participent au Red Bull cliff diving, à La Rochelle ce week-end
Floréal HernandezPhotos : Gilles Varela

Floréal HernandezPhotos : Gilles Varela

Un plongeon depuis un hélicoptère face au fort Boyard. C'est l'une des dernières performances de Cyrille Oumedjkane (34 ans) et Hassan Mouti (29 ans) pour promouvoir leur sport : le plongeon de falaise ou « cliff diving ». Depuis un an, ces deux Strasbourgeois font partie des 12 funambules du Red Bull cliff diving. Cette tournée les amène à plonger de 25 mètres dans des lieux paradisiaques comme une chute d'eau à Hawaï, ou dans d'autres endroits plus insolites. « A Hambourg, on est passé par une fenêtre pour sauter d'un immeuble », raconte Hassan. Le public adhère. Trente mille personnes ont assisté à l'étape de La Rochelle, l'an dernier. C'est d'ailleurs dans le port charentais que l'édition 2010 débute, samedi, avec des plongeons depuis la Tour Saint-Nicolas.

Ils se préparent à Schiltigheim
Avant de faire le grand saut vers le plongeon de falaise, Cyrille et Hassan sont passés par la filière fédérale et l'équipe de France. « On y a appris toutes les bases. C'est une obligation de débuter par le plongeon classique », insiste Cyrille, maître-nageur à la Kibitzenau. S'ils ont quitté le giron de la Fédération française, c'est que « nous arrivions en fin de carrière. On s'ennuyait dans le plongeon traditionnel », explique Hassan.
Avant d'intégrer la tournée de la boisson énergissante, les deux Strasbourgeois sont passés par le plongeon spectacle. Celui que l'on pratique dans les parcs d'attraction. « C'était plus un loisir. ça nous permettait de faire la fête et de trouver un boulot étudiant », poursuivent les deux compères, le sourire accroché en permanence au visage. Au chômage, Hassan va renouer, cet été, avec cette discipline à Europa-Park. Toujours licenciés au Plongeon club Strasbourg, Cyrille et Hassan préparent leurs sauts à la piscine de Schiltigheim. Le temps d'arriver au bassin, ils multiplient les poignées de main et les accolades avec les plongeurs et les maîtres-nageurs présents. Ils enchaînent ensuite les montées de marches (48 au maximum) pour atteindre les plongeoirs de 3, 5, 7 et 10 m. « On est obligé de décomposer nos sauts en trois parties : le départ, les accrobaties et l'entrée dans l'eau, décrypte Hassan. Avant les compétitions, on profite des deux jours d'entraînement pour faire du copier-coller. »
A La Rochelle, leur saut ne durera que « deux ou trois secondes ». Le temps pour Cyrille d'effectuer « trois baranis [salto avant avec une vrille] carpés ». Une chute à près de 90 km/h. « Même bien réussi, un saut fait mal et provoque des courbatures, témoigne Hassan. Car l'impact avec l'eau est similaire à un saut de 5 m dans un bac à sable. L'entrée se fait donc toujours par les pieds. » Ces plongeons gorgés d'adrénaline, ils les réalisent en amateur. La tournée n'assurant qu'un défraiement et une prime de classement. Hassan profite de son inactivité pour chercher des sponsors. Son passé dans le marketing paie, trois marques le soutiennent. « Red Bull nous pousse au sponsoring pour professionnaliser le cliff diving », confie-t-il. Un possible rapprochement avec la Fédération internationale de natation (Fina) pourrait accélerer le mouvement.