Boulogne monte en L1: incroyable, mais frais
FOOT•Un quatrième club nordiste dans l'élite...A Boulogne, Antoine Maes
Boulogne en Ligue 1? «Une anomalie», de l’aveu même de Philippe Montanier, son entraîneur. Mais une anomalie qui a de la gueule. Vendredi soir, l’USBCO a décroché son ticket pour l’élite en marchant sur Amiens (4-0). Pour un club dont le budget culmine à 9 millions d’euros, soit le salaire annuel du «local heroe» Franck Ribéry, ça revient à décrocher la lune.
Le 1er port de pêche français a donc son représentant au sommet du foot français. C’est un vrai miracle. D’abord parce l’USBCO pourrissait en CFA il y a cinq ans. Ensuite parce que les «Margats» n’ont sauvé leur peau qu’à la dernière seconde du dernier match de la saison dernière. Le buteur providentiel s’appelait Damien Perrinelle. Ça a tellement marqué les Boulonnais qu’aux entraînements, quand Philippe Montanier décrète «la minute Perrinelle», ça veut dire qu’il faut tout donner dans les dernières minutes.
Ce vendredi, c’est encore lui qui a ouvert les hostilités, en marquant sur la première offensive des Rouges et Noirs (1-0, 3e). Onze minutes plus tard, c’est Alexandre Cuvillier qui crucifiait le portier amiénois (2-0, 15e). La marée boulonnaise a tout submergé. Porté par le souffle d’une Libération pleine à craquer, Boulogne était déjà sur l’autoroute de la L1. Alors bien sûr, l’excellent Kadir a fracassé le poteau boulonnais (30e). Oui, Grégory Thil a loupé un pénalty (35e). En effet, Yohan Lachor a joué le pompier de service (55e). Et d’une manière générale, Damien Marcq et compagnie sont passés à côté de leur 2e mi-temps. Mais au bout d’un contre qui fait leur marque de fabrique, le capitaine boulonnais finit de rassurer tout le monde (3-0, 63e), tandis qu’un N’Diaye enfonce définitivement Amiens en National (4-0, 84e).
De toute façon, les histoires boulonnaises sont trop belles pour être gâchées. Philippe Montanier, qui a ramassé le club au 4e niveau national, est en passe de devenir le Guy Roux local. Et Anthony Lecointe, surnommé Ti’Mousse, racontera sa drôle de vie aux médias nationaux l’an prochain. «Je le trouvais fatigué aux entraînements. Et j’ai vite compris pourquoi. Il se levait en pleine nuit pour travailler sur le port», raconte Philippe Montanier. Avec des trajectoires pareilles, rien d’étonnant que Boulogne ait eu le plus gros cœur du championnat. Il ira l’éprouver la saison prochaine à l’étage du dessus.


















