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Attentats de Paris: A Londres, la meilleure arme anti-radicalisation est une équipe de foot

Attentats de Paris: A Londres, la meilleure arme anti-radicalisation est une équipe de foot

FOOTBALLLe Tuff FC a empêché une dizaine d'adolescents de rejoindre les rangs de Daesh en Syrie...
Antoine Maes

Antoine Maes

La presse anglaise l’a surnommé « the anti-ISIS team ». C’est probablement un peu exagéré, mais cette équipe de foot est sans doute ce que l’Angleterre a trouvé de mieux ces derniers mois pour lutter contre la radicalisation des enfants défavorisés issus de son immigration. A Londres, le Tuff FC a empêché le départ pour la Syrie d’une dizaine d’adolescents. « On en a sans doute sauvé plus, reprend le docteur Shamender Talwar, psychologue co-initiateur du projet. Une équipe anti-Daesh ? On n’a pas de problème avec ça, mais si vous pouvez rendre ça plus amical...».

« How a British anti-Isis youth football team scored a trip to meet Barack Obama http://t.co/pmh8CJNsEA pic.twitter.com/MYmoy6Hy0x — Daily Mirror (@DailyMirror) 20 Septembre 2015 »

Sur le papier, l’idée est plutôt simple : faire jouer des gamins pauvres dans de bonnes conditions, avec des coéquipiers de confessions différentes, et en fin de compte « enlever la confusion de leur tête », ajoute Anna Prior, l’autre initiatrice du projet. « On n’enlève pas leur culture. On leur dit, votre identité est britannique. Ça pourrait être la même chose en France : ta culture est algérienne ou marocaine, mais ton identité ça doit être la France », reprend Shamender Talwar.

« D’un côté les portes de la Syrie. De l’autre, les portes de Stamford Bridge »

Aujourd’hui, le Tuff FC (pour The Unity of Faiths Foundation, l’association dont il est issu), regroupe 150 gamins du quartier de Southam, dont 40 % de filles. Le cas emblématique qui a attiré la curiosité des médias et des pouvoirs publics ? Celui de la capitaine, Ikra (15 ans), sauvée du djihad in extremis, après avoir montré les messages qu’elle recevait d’un recruteur de Daesh via des applis de messagerie cryptée. « Quand elle est venue nous voir, on lui a dit : "Tu as le choix. D’un côté les portes de la Syrie. De l’autre, les portes de Stamford Bridge pour aller serrer la main de José Mourinho. Qu’est-ce que tu veux ?". Elle nous a dit "Je veux José Mourinho" », raconte Shamender Talwar.

Ça vous paraît trop facile ? En tout cas, le programme a été lancé au niveau national il y a un mois après avoir eu les honneurs d’une présentation en grande pompe au Parlement. Et un mail venu de la Maison Blanche est arrivé, invitant le Tuff FC à rencontrer Barack Obama. Avant cela, Shamender Talwar et Anna Prior ont arpenté « les mosquées, les églises, et les synagogues » pendant quatre ans pour « travailler sur la confiance ». Et quand ils ont monté leur équipe de foot, « les imams ont dit ''on les connaît, confiez-leur vos enfants''. Et ni moi ni ma partenaire ne sommes musulmans », explique le docteur Talwar.


La prochaine étape ? S’étendre à l’étranger, l’exemple du Tuff FC étant selon ses créateurs totalement exportable. Des contacts ont été noués en France deux jours avant les attaques du 13 novembre. Le Tuff FC a été rappelé mardi : « On m’a dit qu’on avait besoin de nous plus que jamais », reprend Shamender Talwar. « D’ailleurs on aimerait bien rencontrer votre président avant d’aller voir Obama. Il serait étonné à quel point c’est la technique et l’outil le plus rapide pour traiter ce problème », conclut Anna Prior.