Les supporters parisiens lors de la finale de la Coupe de Ligue entre le PSG et Lyon, le 19 avril 2014, au stade de France.
Les supporters parisiens lors de la finale de la Coupe de Ligue entre le PSG et Lyon, le 19 avril 2014, au stade de France. - FRANCK FIFE / AFP

Au départ, ce n’était qu’une pétition en ligne de supporters du PSG au 2416 likes sur Facebook. Mais elle pourrait bientôt faire trembler le principe même du fair-play financier. Car 35 fans parisiens viennent de déposer une plainte devant la Commission européenne contre le «FPF» pour «violation du droit de la concurrence». «Chaque jour, nous recevons de nouvelles demandes de personnes souhaitant se joindre aux actions en cours», indique Franck Boucher, qui coordonne le mouvement. Le mécanisme de l’UEFA interdit aux clubs de dépenser plus que ce qu’ils ne gagnent, mais empêche le club des Qataris de disposer de leurs réserves financières sans limite à leur convenance.

Après celui d’un agent (finalement rejeté) et d’une association de supporters de Manchester City (toujours en cours et auquel se sont associés les supporters parisiens), c’est le 3e recours contre le fair-play financier, le premier en France. En quoi le public est-il fondé à se plaindre? Parce que «ce sont les consommateurs du produit football, indique maître Jean-Louis Dupont, qui défend les fans du PSG. Or le «FPF» consiste à interdire une source d’investissement, à savoir la poche du propriétaire. Donc, cela oblige les clubs à aller un peu plus dans la poche du supporter, qui va payer plus cher un produit dont la qualité diminue», explique l’avocat.

«Il s’agit seulement d’obtenir du juge qu’il invalide la règle actuelle car elle est inefficace et contre-productive»

Ce Belge de 49 ans n’est pas un inconnu, puisqu’il est avec d’autres à l’origine du fameux arrêt Bosman, qui avait mis fin au système des quotas de nationalité en Europe. Peut-il avoir la peau du «FPF»? «Il s’agit seulement d’obtenir du juge qu’il invalide la règle actuelle car elle est inefficace et contre-productive. Avant l’été 2015, le TGI de Bruxelles devrait avoir rendu sa première décision, en particulier sur la demande d’une mesure provisoire consistant à «paralyser» la règle litigieuse jusqu’à ce qu’un jugement sur le fond soit prononcé», détaille Jean-Louis Dupont.

Lors du dernier mercato, les dépenses de Nasser Al-Khelaïfi ont été limitées à 60 millions d’euros. Et la mesure sera de plus en plus contraignante. Au point que le président du PSG avait lui-même critiqué le «FPF» publiquement. Le club parisien est-il derrière ce recours à Bruxelles? «Non. Mais c’est déjà très bien que, contrairement à d’autres, son président ait osé affirmer publiquement que le «FPF» est injuste», conclut Jean-Louis Dupont.

 

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