Euro espoirs: les jeunes joueurs français sont-ils plus arrogants que les autres?
FOOTBALL•Le comportement des Bleuets n’a pas été irréprochable lors de leur élimination en barrages de l’Euro espoirs mardi en Suède (4-1)….Julien Laloye, avec D.P. à Nantes.
Il a suffi d’un geste, malheureux, inopportun, «débile», même, pour Raymond Domenech. Une espèce de salut militaire de Layvin Kurzawa, l’air de dire –«vous êtes passés où?»- à des Suédois pourtant bien présents, pour renvoyer les joueurs français aux clichés de toujours. Ceux d’un footballeur fainéant, arrogant, condescendant, dans l’ordre que vous voulez, si souvent pointé du doigt par ses confrères étrangers quand ils découvrent la L1.
«Avec l’équipe de France, il faut rester humbles»
«Du banc, j’ai vu qu’ils avaient plus envie que nous, reconnait Jordan Veretout, l’un des seuls à accepter de revenir sur la déroute des espoirs tricolores en Suède pour 20 Minutes. On n’avait pas à faire ces signes de chambrage. Avec l’équipe de France, il faut rester humble.» Une qualité qui semble faire défaut aux jeunes joueurs français depuis trop longtemps, pour qui se rappelle, entre autres, le fiasco en Norvège il y a deux ans et la sortie nocturne de la bande des cinq en taxi dans une boîte de nuit parisienne.
«Les Français sont en général très doués, mais la remise en question n’est pas leur fort, reconnait Jean-Michel Vandamme, directeur du centre de formation du Losc. Quand ça ne va pas comme ils veulent, ils ont du mal à l’accepter. La phase de maturation est plus longue qu’ailleurs. Entre 19 et 22 ans, Ils sont dans l’autosatisfaction, jusqu’à ce qu’ils prennent une grosse claque dans la gueule». Celle reçue en Suède devrait laisser quelques traces bien utiles. «Si ça ne leur sert pas de leçon, c’est à désespérer, juge Raymond Domenech, le dernier entraîneur à avoir emmener une génération de Bleuets en finale de l’Euro (2002), dans Le Monde. Même quand on joue contre les Féroé, les matchs ne se jouent pas sur le talent individuel mais sur un état d'esprit».
«La phase de maturation est plus longue qu’ailleurs»
Une règle d’or qui a visiblement du mal à passer dans les centres de formation français. «On est peut-être trop sûr de nous dans certaines situations, déplore Pierre Mankowski, impuissant devant le naufrage des ses hommes à Halmstad. Et puis on pense qu'en se présentant, ça va suffire». Le discours, déjà entendu mille fois, peut-il déboucher, enfin, sur une prise de conscience générale? Oui, à condition, de copier la recette de Deschamps chez les grands, avance Vandamme. «Il est intransigeant sur l’engagement et les valeurs que réclame le haut niveau. Et il y en a qui comprennent. Regardez Pogba et Varane, on n’a rien à leur reprocher» En clair, moins regarder le talent et un peu plus la mentalité dés le plus jeune âge. Et tant pis si cela passe par laisser de côté des gros potentiels un peu plus tôt.


















