Golf: «Victor Dubuisson a tout pour devenir un grand joueur de Ryder Cup», estime Thomas Levet
ECOSSE•Le Français dispute sa première Ryder Cup avec l’Europe sur le parcours de Gleneagles…Propos recueillis par Julien Laloye
Dans le milieu, on l’appelle « cactus boy» ou «golden hands», au choix, depuis ses coups magiques aux championnats du monde de match play en début d’année. Victor Dubuisson, 23e joueur mondial, est le premier Français à disputer une Ryder Cup - la compétition qui oppose les meilleurs européens aux meilleurs américains tous les deux ans - depuis Thomas Levet en 2004. Ce dernier, qui commentera la compétition sur Canal + Sport, donne ses conseils d’ancien à Dubuisson pour 20 Minutes.
Victor Dubuisson va disputer sa première Ryder Cup. A quoi doit-il s’attendre?
La première chose pour ne pas passer au travers, c’est d’appréhender l’ambiance. Là on ne parle pas de 20.000 ou 30.000 personnes sur un week-end, mais de 10.000 personnes sur un départ, qui occupent la taille d’un carré de service au tennis. Il y en a qui vous encouragent, il y en a qui vous insultent en même temps, c’est un truc de malade. Il faut réussir à être dans le coup malgré ça.
Comment va se dérouler son week-end?
En général, les joueurs chevronnés ne jouent pas tous les doubles. Ils gardent de l’influx pour le dimanche, la journée où tout peut se décider sur les simples. Victor devait jouer 3 matchs, deux en double, et un simple dimanche. Mais il n’aura qu’un rôle de joker. Aujourd’hui il est 20e mondial, on n’attend pas de lui qu’il apporte tous les points. Ca c’est le rôle d’un Rory Mc Ilroy ou d’un Sergio Garcia, dans une équipe assez largement favorite, même si ce sera serré, comme toujours.
Est-ce que ce sera difficile de trouver un partenaire qui s’entende avec lui?
Vous savez, c’est facile de jouer avec Victor. Il tape très droit, son putt est fiable, son rythme de jeu peut convenir à beaucoup. L’idéal, ce serait de l’envoyer au feu avec un habitué de l’épreuve, quelqu’un comme Lee Westwood par exemple, qui puisse le mettre en confiance. Ou alors tenter le coup avec Mc Ilroy. Mais il s’adaptera à son partenaire sans problèmes
Pourtant, Dubuisson a la réputation d’être un peu à part sur le circuit. Cela ne lui portera pas préjudice?
Il a une façon de s’entraîner spéciale. Victor n’aime pas passer des heures à taper des balles à l’entraînement, ni reconnaître les parcours à l’excès. C’est pour ça que les autres joueurs ne le voient pas beaucoup. Mais c’est le rôle du capitaine de mettre ses hommes dans les meilleures conditions. Mc Ginley l’a bien compris et l’a laissé se préparer comme il l’entendait.
Quel dernier conseil allez-vous lui donner avant qu’il ne s’élance?
Il ne faut surtout pas qu’il se mette à regarder le tableau des scores pendant qu’il joue. Moi en 2004, je me souviens qu’on avait entamé le simples de dimanche avec quatre points d’avance, j’ai levé les yeux, et j’ai vu qu’on était derrière de partout sur les parties du jour. Ca peut très vite tourner et créer une panique dans l’équipe. Il faut savoir ester dans son match quelle que soit la situation.
Victor est encore neuf sur le circuit. Pourra-t-il se remettre d’une première Ryder Cup ratée?
Ca dépend de la façon dont ça se passe. Si votre adversaire explose le parcours, il n’y a pas grand-chose à dire. Après si vous perdez des matchs serrés et qu’en plus ça fait perdre votre camp… A 24 ans, c’est déjà exceptionnel d’être là. Victor a tout pour devenir un des deux ou trois leaders de l’équipe européenne pour la Ryder Cup 2018 en France. C’est tout ce que j’espère pour lui.



















