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Cyclisme: Qu’est-ce que ça vaut, aujourd’hui, le record de l’heure?

Cyclisme: Qu’est-ce que ça vaut, aujourd’hui, le record de l’heure?

VELOJens Voigt s’attaque à un vieux record devenu has-been. Plus pour longtemps?...
Bertrand Volpilhac

B.V.

Il ne nous en voudra sûrement pas si l’on affirme qu’il n’est pas un grand nom de l’histoire du cyclisme. Et pourtant, depuis 2005, le Tchèque Ondrej Sosenka détient un record mythique du vélo, celui de l’Heure, auquel va s’attaquer l’allemand Jens Voigt (42 ans) jeudi en Suisse. Un jubilé pour un monstre du circuit censé relancer une épreuve d’antan prestigieuse devenue has-been. «A cause du règlement qui change tous les cinq ou dix ans, le record de l’heure perd un peu de sa valeur, avance le triple champion du monde sur piste, François Pervis. On n'arrive plus trop à s’y retrouver.»

Essayons de simplifier. Il existe deux records: celui de Sosenka (49,700km) réalisé avec un vélo classique et celui de Chris Boardman («meilleure performance de l’heure», 56,375km, en 1996) sur une bicyclette dernier cri et avec une position aérodynamique hyper avantageuse, appelée Superman, interdite après 2000. Récemment, l’Union Cycliste Internationale (UCI) a adoucit ses textes et tranché un peu au milieu en autorisant les vélos tout carbone.

Wiggins, Cancellera et Martin aussi?

«Voigt aura un vélo tout à fait différent de Sosenka, poursuit Pervis, qui commentera la course sur Eurosport. Il va le battre, c’est sûr. La question est de savoir s’il arrivera à se rapprocher de Boardman. Mais ce qui compte surtout, c’est qu’il va établir une nouvelle base sur laquelle d’autres pourront s’étalonner plus tard et remettre cette épreuve au gout du jour.» Dans l’absolu, l’Allemand ne fait pas partie des 15 meilleurs rouleurs du peloton. Mais «peut-être que ma tentative va donner envie à d’autres de s’essayer», soulève-t-il. Les spécialistes des chronos Wiggins, Cancellera et Martin ont d’ailleurs déjà confirmé leur intérêt.

Et s’ils le font, ils détruiront forcément les records. Et laisseront les mythiques marques de Merckx, Boardman ou d’autres loin derrière. «C’est dommage pour eux car cette épreuve permettait de voir la qualité d’un champion à travers les âges, estime Pervis. Et ça, on va le perdre. Sur le même vélo classique que Merckx en 1972, Boardman bat le Belge de très peu en 2000, trente ans après. Ca donne une autre ampleur à la performance de Merckx.» Dilemme impossible. «Si on veut voir juste la valeur de l’homme, il faut avoir tous le même vélo, les mêmes conditions météo, la même piste, conclut François Pervis. Mais c’est impossible. Si on met tant de contraintes, les rouleurs continueront à le bouder.» Et on l’a compris, c’est pas vraiment le but.