France-Suisse: Didier Deschamps, le coaching parfait
FOOTBALL•Le coaching du sélectionneur avant la rencontre a surpris. Mais il a payé…B.V. à Salvador
De notre envoyé spécial à Salvador de Bahia (Brésil),
Sa responsabilité avait été mise en cause lorsque la France s’était crashée en Ukraine, il y a huit mois. Depuis, tout ce que Deschamps fait relève de la perfection, du retournement de situation quatre jours plus tard en barrage du Mondial à cette éclatante victoire face à la Suisse. On ne reviendra, pas ici sur l’éviction de Nasri ou le plébiscite de Griezmann, qui ont forcément contribué à équilibrer le groupe, mais la façon dont il a préparé son match face à la Suisse est un coup de maitre à plusieurs bandes.
Alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il reconduise le même onze que face au Honduras (3-0) cinq jours plus tôt, Deschamps a pris tout le monde de court en alignant celui qui avait affronté… la Jamaïque, il y a quinze jours: Giroud en pointe la place de Griezmann – décalant du coup Benzema sur la gauche de l’attaque – et Sissoko au milieu à la place de Pogba. Dire que ça a fonctionné est un euphémisme. «Déçu» de ne pas avoir été titularisé dimanche, titillé par Deschamps, dont il a tapé dans la main après son but, l’attaquant d’Arsenal a été exceptionnel dans le combat, en plus d’ouvrir le score de la tête sur corner. Au milieu, Sissoko s’est imposé physiquement, a bloqué le côté et lui-même marqué.
«Tout le monde peut jouer à n’importe quel moment»
«Si je l’ai fait pendant les matches de préparation, c’est que je savais que ça pouvait marcher. Mais si ça n’avait pas marché, vous m’auriez peut-être démonté», s’est-il prudemment contenté de débriefer après la rencontre. Le fait est que son match a été parfait, même dans les remplacements en cours de match. Quelques minutes seulement après être enjeu en jeu, Paul Pogba a offert une passe décisive à Karim Benzema. «Vu les matches précédents, on savait qu’il faisait pas mal de changements, raconte Moussa Sissoko. Il pourra aussi y en avoir la prochaine fois. Tout le monde peut jouer à n’importe quel moment, ce qui soude un groupe, ce qui le rend encore plus fort.»
Ce sont peut-être des clichés, mais à force de les entendre, on va commencer par les croire. Par sa gestion, Deschamps garde tout le monde sous pression, «concerné» comme il aime à le répéter en conférence de presse. «Les 23 le sont, confirme Laurent Koscielny, lui-même entré à la place de Mamadou Sakho en fin de rencontre. Tout le monde aura sa part dans la réussite de l’équipe. A l’entraînement, le coach mélange les équipes. C’est bien, on est dans l’état d’esprit.»


















