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Roland-Garros 2014: Kristina Mladenovic, la confirmation qu’on n’espérait plus
TENNIS•La Française de 21 ans s’est offert le premier succès d’envergure de sa carrière face à Na Li, la 2e joueuse mondiale, ce mardi…Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros
Depuis le temps qu’on l’attendait, on s’était presque détourné d’elle, pour mieux s’intéresser aux prémices de la grande joueuse que pourrait devenir Caroline Garcia. Promis, ça va changer. Kristina Mladenovic, victorieuse de Li Na, deuxième joueuse mondiale et ancienne vainqueur à Paris, a bien mérité sa part d’éloge. «Vous voyez que ça existe l’effet Roland. Ça transcende de jouer chez soi sur un grand court. Kristina a fait son match, elle a saisi les opportunités que Li Na lui a données, s’exclame Arnaud Di Pasquale, pas le dernier à s’enthousiasmer dans les entrailles de Lenglen. Le DTN du tennis français n’en perd pas sa lucidité pour autant. Mladenovic a moins gagné le match que Li Na l’a bazardé, aussi perdue sur le court que Wawrinka lundi soir.
«Kristina avait besoin d’être heureuse»
«Je ne sais pas où Li Na avait la tête, déplore Carlos Rodriguez, l’entraîneur de la Chinoise. Mais il ne faut pas enlever le mérite à Kristina. Tout le monde sait qu’elle est capable de bien jouer. Li Na ne jouait pas bien, d’accord, mais elle lui a donné des occasions et Mladenovic les a saisies. C’est important pour sa construction de joueuse.» D’autant que la construction en question en avait pris un coup dernièrement. Sur la pente ascendante jusqu’à Wimbledon où elle avait tenu en respect Sharapova comme une grande l’an passé, Mladenovic a complètement perdu le fil de sa courte carrière, multipliant les entraîneurs, les défaites au premier tour et les places perdues au classement (103e avant Roland-Garros).
«Le tennis est un sport de frustration, beaucoup de stress. Kristina a besoin d’être heureuse pour bien jouer, et aujourd’hui c’est le cas», avance Yannick Hesse, son nouvel entraîneur depuis fin avril. Le père d’Amandine, éliminée au premier tour, a décidé de rassembler les deux jeunes filles, amies depuis l’enfance. La métamorphose est immédiate. «Elle a une grande confiance en elle, mais il lui fallait un cadre. Elle s’entend très bien avec Amandine, elle s’encourage sans cesse. Elle se sent bien, voilà.» Ça ne la fait pas encore jouer comme une numéro 1 mondiale en puissance, mais cela permet à son jeu tout en prises de risque de ne pas partir dans tous les sens.
«Ça peut être un déclic pour la suite»
«Avant de jouer Li Na, je lui avais dit, "c’est un bon match à jouer pour une fille ambitieuse comme toi. Si tout se passe bien, tu en joueras d’autres, sur des quarts et des demies", reprend Hesse. Laissons venir les choses les unes après les autres, ne commençons pas à parler tableau…» Pourtant, c’est tentant. Riske d’abord, peut-être Petkovic pour poursuivre, et Wozniacki si la Danoise survit jusque-là. Rien de bien effrayant pour Arnaud Di Pasquale. «On a tous besoin d’un match référence. Ça peut débloquer un certain nombre de choses. Pour sa carrière, pour sa saison…» Et pour ce tournoi?


















