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Au-delà des fantasmes, le footballeur est un dépressif comme un autre

Au-delà des fantasmes, le footballeur est un dépressif comme un autre

FOOTBALL – Une enquête souligne les problèmes psychologiques dans la population des joueurs professionnels…
Antoine Maes

Antoine Maes

Eux aussi ont le droit de déprimer. Dans une enquête dévoilée début avril, la FIFpro, le syndicat mondial des joueurs, révèle des chiffres plutôt étonnants: 26% des professionnels souffriraient de symptômes dépressifs et d’anxiété, 10% seraient en état de stress, et 5% seraient même en burnout. Des chiffres qui se situent dans la fourchette haute de la population normale, ce qui est déjà surprenant pour des gens exerçant un métier qui est le rêve de millions de personne, le tout à des conditions financières a priori avantageuses.

«Les gens doivent être au courant que la vie d’un pro, ce n’est pas que les belles voitures et les beaux chèques. Tout le monde n’est pas Ronaldo ou Messi», assure le docteur Vincent Gouttebarge, qui a dirigé les recherches. Les chiffres collectés proviennent des championnats australien et néo-zélandais, mais l’UNFP devrait bientôt démarrer le même type d’étude en France. «Je n’ai pas de raison de penser que ce sera vraiment différent», reprend Gouttebarge, ancien pro lui-même passé par Auxerre et les Pays-Bas.

«Beaucoup de joueurs souffrent de symptômes de dépression, et personne n’en parle»

L’état psychologique des footballeurs, un sujet plutôt tabou jusqu’à présent. «Quand vous regardez les conférences de presse, les joueurs n’ont pas de problème à dire qu’ils ont mal au genou. Mais par rapport aux troubles mentaux et psychologiques, il y a du travail à faire. Beaucoup de joueurs souffrent de symptômes de dépression, sans que ce soit un diagnostic clinique. Et personne n’en parle.»

En parler, c’est justement le but de cette étude, histoire d’améliorer le suivi. «Dans les clubs, c’est basé sur le court terme parce que la performance à court terme prime. Et toutes les données scientifiques que l’on a se concentrent sur les blessures pendant la carrière. Alors qu’on devrait évoquer le sujet dans les centres de formation», déplore Vincent Gouttebarge.