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Dakar 2014: Les mille et une galères de Yannick Guyomarc’h

Dakar 2014: Les mille et une galères de Yannick Guyomarc’h

RALLYE-RAID – La lanterne rouge vit un Dakar difficile…
Propos recueillis par Romain Baheux

Propos recueillis par Romain Baheux

De notre envoyé spécial à Calama (Chili)

Ne lui dites pas qu’il est maso. Depuis le départ du Dakar, il y a une semaine, le motard Yannick Guyomarc’h, qui dispute la course sans assistance technique, multiplie les galères mais parvient à chaque fois à rallier l’arrivée dans les temps. La lanterne rouge de la course, avec plus de 50 heures de retard sur le leader, pompier de Paris dans le civil, raconte ses galères quotidiennes.
Depuis le départ du Dakar, il y a une semaine,
Ne lui dites pas qu’il est maso. Depuis le départ du Dakar, il y a une semaine, le motard Yannick Guyomarc’h, qui dispute la course sans assistance technique, multiplie les galères mais parvient à chaque fois à rallier l’arrivée dans les temps. La lanterne rouge de la course, avec plus de 50 heures de retard sur le leader, pompier de Paris dans le civil, raconte ses galères quotidiennes.
Lundi: «Des gens voulaient appeler une ambulance pour m’évacuer»
«Dès la première étape dimanche, je suis inquiet parce que je vois du liquide remonter dans mon vase d’expansion [qui permet de récupérer la vapeur d’eau qui s’échappe du radiateur]. Pendant la deuxième étape, lundi, je garde un œil sur le vase et d’un coup, je vois beaucoup d’eau remonter. Je perds de la flotte et je me sers alors de mes réserves pour éviter de cuire le moteur. Par contre, ça m’a fatigué de ne pas boire. Je m’arrête dans une station-service, ils voulaient appeler une ambulance pour m’évacuer. Le soir, on me dit que je dois changer le joint de culasse de ma moto. Il faut donc que je change le moteur.»
Mardi: «Je suis allé demander du café au bord de la route»
«Fatigué par la précédente journée, je manque de lucidité. Dans la nuit, des amis mécaniciens me disent que je n’aurai pas le temps de changer de moteur. Je repars donc avec le même. A peine parti, je m’arrête pour continuer les travaux et je me concentre sur le bouchon du radiateur. Comme j’avais passé une nuit blanche, ma crainte était de m’endormir en roulant. Je suis allé demander du café au bord de la route. Finalement, j’arrive au début de la nuit et achève cette première partie de l’étape-marathon [où les motards sont isolés du bivouac].»
Mercredi: «Un barbecue avec des jeunes»
«J’attaque la suite de l’étape marathon et là, j’ai souffert. J’ai un problème avec le GPS et je me perds quelque chose de sévère. Un quad m’a suivi, je pense qu’il y est encore. Finalement, je parviens à sortir du canyon après avoir pas mal galéré. Comme j’étais content, je suis allé fêter ça avec des jeunes qui faisaient un barbecue au bord de la route et qui m’ont donné de la viande. Je poursuis ma route et arrive à ne pas rentrer trop tard au bivouac.»
Jeudi: «Un strip-tease au milieu de la piste»
«D’habitude, j’aime bien les dunes mais là, je n’ai pas aimé. A un moment, je me dis que j’aurais dû prendre une douche parce que je dois avoir les fesses à vif et ça me gratte. En fait, c’était en train de brûler. J’avais perdu le bouchon du réservoir et l'essence me cramait. Je fais un strip-tease au milieu de la piste. Le reste de mon eau me sert à me rincer. J'utilise mon cuissard brûlé pour en faire un bouchon de fortune. Quand on m’informe que la deuxième partie de la spéciale est annulée, je m’endors. Même à l’ombre, il faisait tellement chaud que je me réveille en étant encore plus mal. Je roule un peu puis j’attends que la nuit tombe. Avec de l’eau et du fromage, je me cuisine une sorte de bouillon.»
Vendredi: «Je dors dans le canapé d’un kiosquier»
«A 3h du mat, je cherche la route pour Tucuman [Argentine] mais j’avais perdu le téléphone du PC course et mon système d’appel sur la moto ne fonctionnait plus. J’appelle donc ma femme, qui se renseigne. Je vois un kiosque, j’achète à boire et le mec me fait dormir dans son canapé pendant une heure. Je rallie enfin Tucuman et je pars dans la foulée sur l'étape suivante. Me voyant fatigué, un médecin me perfuse. Plus tard, je rentre dans une cour de maison et une famille m’accueille pour le repas. J’ai eu du poulet et du riz. Je finis l’étape de nuit. Je n’ai pas mis de réveil pour bien dormir à la journée de repos samedi. Et en fin de compte, je roule toujours avec le même moteur [rires].»