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Mathieu Valbuena: «Le match le plus important de ma carrière»
FOOTBALL•De retour à Marseille, le meneur de jeu de l’équipe de France est revenu sur cette folle soirée face à l’Ukraine...Propos recueillis par Camille Belsoeur, à Marseille
Des trois Marseillais sélectionnés en équipe de France pour le barrage face à l’Ukraine, deux étaient déjà de retour sur les terrains d’entraînement du centre Robert Louis-Dreyfus mercredi matin, après une nuit festive. Mais contrairement à Steve Mandanda et Dimitri Payet, qui n’ont pas quitté le banc du Stade de France mardi soir, Mathieu Valbuena, qui a joué 90 minutes, est resté au chaud à se faire masser mercredi matin à la Commanderie après son énorme prestation face à l’Ukraine. Et c’est tout sourire qu’il s’est ensuite présenté devant les journalistes –qu’ils l’ont accueilli avec des «bravo, bravo»- pour revenir sur «le plus grand moment de sa carrière.»
Mathieu, on imagine votre bonheur après ce match renversant face à l’Ukraine et la qualification des Bleus pour le Brésil…
Oui, c’est un rêve d’aller au Brésil. On est tous fiers de ce qu’on a fait. Avec les autres Marseillais, on n’a pas trop eu le temps de savourer cette nuit car il fallait revenir à Marseille [qui joue vendredi à Ajaccio] mais on a quand même pris le temps de savourer sur le terrain du Stade de France hier soir (mardi) avec tous nos supporters.
Comment expliqué vous ces deux visages si différents de l’équipe de France en seulement quatre jours?
Ce qu’il faut dire c’est qu’on a frôlé la catastrophe. On était conscients de l’enjeu. Ces quatre derniers jours, on s’est reboosté. On a serré les coudes, on était tous là pour le même objectif: aller au Brésil. Quand on a l’état d’esprit qu’on a eu hier, ça change tout. Un match comme ça se gagne avec la tête. Je pense que le match aller, on le joue comme un match ordinaire. On l’a pris comme un match international mais c’était plus que ça. Il y a eu une prise de conscience de tous les joueurs, on s’est sublimé.
Vous n’avez pas joué le match aller. Ce break vous a fait du bien pour être frais au Stade de France, vous qui étiez fatigué avec l’OM ces derniers temps?
Qu’il y ait ou non Mathieu Valbuena sur le terrain, ce n’est pas ce qu’il faut retenir, le plus important c’était la qualification. Ce qui est regrettable, je pense, que c’est d’en arriver là, d’être tous au pied du mur pour être obligé de se transcender. C’est un avertissement. Il faut prendre note de ça. Une Coupe du monde avec l’équipe de France, c’est tellement [il s’interrompt]… On se rappelle 2010, le mal que ça a fait.
Quels ont été les mots de Didier Deschamps entre ces deux rencontres face à l’Ukraine?
Ce qu’il a dit pendant la causerie du match retour reste entre les joueurs de l’équipe de France. En tout cas, l’Ukraine ne nous a pas fait de cadeau à l’aller. Pour le match retour, il faut aussi dire qu’il y a eu un grand public derrière nous.
A titre personnel, comment avez-vous vécu cette attente avant le retour au Stade de France?
Personnellement, les quatre jours ont été une attente folle autour de ce match. C’est la première fois que ça m’arrive d’en être à ce point-là. C’était un devoir, un ordre de se qualifier pour le Brésil. Il fallait vite se mettre le public derrière nous en début de match sinon ça allait devenir compliqué. En fait, ça été le match le plus important de ma carrière. Il y a le contexte, il fallait mettre ces trois buts. On était en bas de l’échelle.
Mathieu, on t’as vu harangué le public du Stade de France mardi soir. On a l’impression que tu as acquis une nouvelle stature dans cette équipe de France?
C’est l’objectif, faire les efforts pour disputer cette Coupe du monde au Brésil avec l’équipe de France. Faire cette Coupe du monde avec mon pays serait une immense fierté.
Et maintenant, que pouvez-vous espérer au Brésil?
C’est une première étape qu’on a franchi face à l’Ukraine. J’espère qu’après avoir frôlé la catastrophe, on va avoir cet état d’esprit, cet engagement à tous les matchs. On sait très bien quelle attente il y a autour de l’équipe de France, surtout pour une Coupe du monde.



















