Dopage: Ce que propose la commission du Sénat pour en finir avec le dopage
SPORTS – Soixante propositions figurent dans le rapport publié mercredi…R.S.
Soixante-trois auditions, deux tables rondes, 86 personnes entendues sous serment, 69 heures d’échange et un résultat publié dans un rapport plus épais que le dernier bottin. La commission d’enquête du sénat n’a pas chômé ces six derniers mois, ce qui lui permet de publié une liste de soixante propositions destinées à améliorer la lutte actuelle contre le dopage dans le sport. Toutes ces propositions se déclinent en sept piliers, exposés eux aussi dans le rapport.
1. La connaissance du phénomène est le premier axe développé. Pour les sénateurs, le ministère des sports doit financer des études sur la réalité du dopage, chose qui se fait beaucoup plus à l’étranger. «On ne combat bien que ce qu’on connaît bien», indique Jean-Jacques Lozach (sénateur PS de la Creuse), le rapporteur de cette commission. Celui-ci propose la création d’une la création d'une commission «vérité et réconciliation» sous l’égide du monde sportif faisant le jour sur les pratiques dopantes actuelles et passées dans le sport. Le but: Libérer la parole des tricheurs pour mieux la comprendre.
2. La prévention est le domaine où les propositions sont les plus nombreuses (17). Les sénateurs entendent développer des antennes régionales antidopage. Et insister sur la politique de sensibilisation des sportifs amateurs. Une action choc et ciblée devrait être menée dans les salles de musculation. Des «plaques tournantes de la consommation et du trafic» selon Lozach.
3. Accentuer et améliorer la qualité des contrôles. Pour la commission, l’objectif premier est de permettre à l’AFLD d’être plus présente sur toutes les compétitions ayant lieu en France. Chez les professionnels comme les amateurs. La commission s'attaque également à la géolocalisation des sports collectifs en prévoyant une «localisation collective» de l'équipe pendant la saison et une localisation individuelle pour l'ensemble des joueurs hors-saison.
4. Améliorer les analyses. Trop d’échantillons ne sont pas analysés actuellement, principalement pour des raisons économiques. Cela réduirait le sentiment d’impunité de certains sportifs. La commission propose également de rattacher le laboratoire à une université, et non plus à l’AFLD, dans un souci d’indépendance.
5. Revoir le processus de sanction et les autorités compétentes pour les infliger. Il s’agit là de dessaisir les fédés de leur pouvoir de sanction pour l’attribuer uniquement à l’AFLD, plus indépendante, afin d’éviter tout conflit d’intérêt. «Les fédés doivent être associées aux décisions», indique cependant Lozach qui propose également la mise en place d’un «mécanisme de repenti». Ceci, afin de réduire la sanction en fonction des aveux du tricheur. «Cela permettrait d’apporter plus d’infos, de remonter les liens pour les services de gendarmerie.» En clair, cela signifie aussi la fin des sanctions planchers.
6. Ne pas pénaliser l’acte de dopage. Sur ce point, les sénateurs se sont montrés frileux. Il n’est donc pas question de double peine et en plus d’une suspension, «les sportifs n’iront pas en prison.» Les sénateurs jugent en effet que cela reviendrait à faire du sportif dopé un coupable, alors que le droit actuel le considère comme une victime.
7. Renforcer la coopération entre les différents interlocuteurs de la lutte antidopage. Cela passe par le partage des données entre l'AFLD et la police, la gendarmerie, les douanes, les fédérations, la justice et l’OCLAESP (l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique) sensé centraliser les infos relatives aux dopage.



















