Pour Jean-Luc Vasseur, l'entraîneur, «Créteil ne cherche pas à contester l'identité du PSG»
FOOTBALL – Créteil est quasiment assuré de jouer en Ligue 2 la saison prochaine…Propos recueillis par Romain Baheux
On ne va pas jouer les pointilleux en tentant de monter un suspense ridicule. A sept journées de la fin du championnat de National, Créteil n’a besoin que d’une victoire vendredi à Carquefou pour assurer sa montée en Ligue 2 la saison prochaine. En négociations pour prolonger son contrat, l’entraîneur cristolien Jean-Luc Vasseur évoque l’avenir du club francilien qui veut tenter de se construire dans le football français. Malgré l’écrasante présence du PSG à quelques kilomètres de là.
Créteil est quasiment assuré de jouer en Ligue 2 la saison prochaine. Que visez-vous maintenant?
Il y a différents objectifs pour cette fin de saison. On veut être assuré de monter mathématiquement, ce qui devrait arriver assez rapidement. On est dans une période compliquée, après une première partie de saison exceptionnelle, on finit par payer nos efforts. Le deuxième objectif est le titre parce qu’on a fait toute la saison en tête et qu’on veut être champion. Le dernier objectif est d’aller taquiner le record du nombre de points inscrits en une saison de National.
Connaissez-vous le groupe que vous aurez en Ligue 2?
On a un peu d’avance sur les autres équipes pour préparer la saison prochaine. On ne fera pas n’importe quoi. On ne va pas changer d’actionnaire du jour au lendemain, personne ne va arriver pour mettre des centaines de millions d’euros à Créteil. On va discuter avec les joueurs pour conserver au mieux ce qui a été fait depuis deux ans et on tentera d’attirer six recrues. Sur ces joueurs-là, il faudra faire les bons choix.
Quel sera l’objectif du club la saison prochaine?
La première chose sera évidemment de se maintenir. Le club a quitté la Ligue 2 il y six ans, ça a forcément évolué en notre absence. On ne se met pas de pression, on aura tout à montrer dans ce championnat. On sera dans le rôle de l’outsider. Il faudra se désinhiber. Quand on va jouer à Bollaert pour affronter Lens, ça pourra être intimidant. On ne devra pas se disperser. En Ligue 2, on sera des écoliers qui écoutent et qui apprennent. Mais le plus vite possible.
Créteil peut-il devenir le deuxième club francilien important à moyen terme?
J’ai toujours dit qu’il ne faut pas que deux clubs à Paris. On est une mégapole, il y a quasiment 20 % de la population française sur la région. Les Corses ont deux clubs en Ligue 1, un club en Ligue 2 et un autre en National. Pourquoi pas Paris? Ce qui serait intéressant un jour, c’est qu’un club puisse aller taquiner Paris en Ligue 1 pour faire un derby. Le PSG peut emmener d’autres clubs parisiens au plus haut niveau, ça serait dans leur intérêt.
Comment se construire à côté du PSG?
Les orientations du PSG consistent à recruter des grands joueurs. La région parisienne forme énormément de joueurs, elle est l’une des régions du monde qui alimentent le plus la Ligue des champions en joueurs. On ne cherche pas à contester l’identité du PSG mais à se créer la nôtre. On pourrait s'inscrire dans la niche du club formateur parisien. C’est une piste, tout comme celle qui consisterait à se faire prêter des joueurs talentueux. Il y a la place pour d’autres équipes en région parisienne avec des projets différents.
Vos joueurs ne sont-ils pas lassés d’être dans l’ombre du PSG?
Pas du tout. Certains sont fans du PSG. Au fond d’eux, certains se disent qu’ils y seront un jour. Il n’est pas question de rivalité. Il y a un moment, j’entendais des gens en Ile-de-France affirmer soutenir l’OM juste par opposition du projet parisien. Je l’entends de moins en moins, c’est signe que le projet du PSG séduit.
Faut-il se fixer une date précise pour la Ligue 1 à Créteil?
Avant cela, il y a des gros dossiers à régler, comme celui du centre de formation. En coulisses, il y a un travail important à effectuer. Pour pérenniser le club, c’est très important. On est allés à Lens pour voir les installations du club. Ils nous disaient que le centre de formation les avait sauvés de leur mauvaise situation économique. Une partie de notre effectif est composé de jeunes qui étaient en réserve la saison dernière. On pose des jalons qui nous font croire que l’on va dans le bon sens.


















