Tournoi des Six Nations: Italie-France 2011, ce match qui a tout changé pour le rugby italien
RUGBY•La première victoire du XV italien face à la France dans le tournoi...B.V.
En France, on s’en souvient comme «du match de la honte». Pas au niveau de la défaite face aux Tonga à la Coupe du monde un an plus tard, mais presque. Battus à Rome (22-21) par l’Italie pour la première fois du Tournoi des Six Nations 12 mars 2011, les Bleus de Julien Bonnaire évoquaient alors «une faillite mentale». De l’autre côté, on parlait d’un «exploit gigantesque». Et pour cause, la petite Italie, qui n’avait jusque-là battu que l’Ecosse ou le Pays de Galles, gagnait grâce à ce match sa place dans le gotha européen.
«Pour nous, c’est un gros résultat qui démontre qu’on est sur la bonne voie, analyse avec recul le centre de la Squadra Gonzalo Canale. Il y a encore beaucoup de boulot à faire, mais cette victoire prouve qu’un jour on pourra dire: "on est prêts à gagner le tournoi", même si ce n’est pas encore le cas.» De ce match déclic, son «plus grand souvenir» international, l’ancien Clermontois s’en souvient comme d’une partie très engagée, où les Transalpins «s’en sortent à la fin sur une mêlée très tendue» et sans trop savoir comment.
Plus de complexe face à la France
«Ca faisait quelques temps que l’Italie montrait des belles choses, mais ils avaient toujours eu une certaine malchance ou un manque de rythme qui leur coûté le match à la fin», poursuit celui qui était alors capitaine des Bleus, Thierry Dusautoir, à quelques jours de la revanche. Jusqu’à cette dernière rencontre du VI Nations 2011. «Ça a beaucoup compté niveau mental, reprend Canale. Ce match a annulé le complexe qui existait avant. On se sentait inférieur à certaines équipes.»
Avec pour conséquence directe de remplir désormais le Stade Olympique de Rome à chacun de ses gros matchs, mais aussi d’inspirer plus de crainte chez les adversaires. «On avait pris les Italiens de haut, et on l’avait payé cher, résume Dusautoir. Il faut toujours garder en tête la capacité de cette équipe à s’élever à son meilleur niveau. Il ne faudrait pas que ça se reproduise dimanche.» L’Italie a changé de statut, et elle doit désormais l’assumer.


















