Dakar 2013: Vis ma vie de copilote avec Michel Périn
RALLYE•Ces hommes de l'ombre sont aussi la clé pour remporter l'épreuve...Antoine Maes
De notre envoyé spécial à Nazca (Pérou)
S’il arrive à Santiago du Chili sans encombre, Michel Périn devrait pouvoir fêter ses 56 ans lors de la dernière étape du Dakar, voire sur son podium. Et si vous n’en avez sûrement jamais entendu parler, c’est que le bonhomme ne tient pas le volant de son Mini, tâche qu’il laisse à Nani Roma dans l’écurie XRaid. Copilote ultra-expérimentée, Périn (trois victoires sur le Dakar) dévoile les secrets d’une caste qui préfère souvent rester dans l’ombre.
A quoi sert le copilote? «A la différence du rallye traditionnel comme le Monte-Carlo, il n’y a pas de reconnaissance. L’organisateur concocte un road-book qu’il faut interpréter. On n’est pas des GPS… mais on est assez souvent à se demander à quel cap il faut rouler, et quelle distance on doit prendre en compte pour changer de direction. On sert à donner un angle à la voiture. On est en trois dimensions, parce qu’on indique aussi les difficultés verticales comme une dune ou une saignée. En fait, on n’est pas des copilotes, on des navigateurs. Mais on n’arrivera jamais à faire qu’on nous appelle comme ça.»
Comment devient-on copilote? «Moi j’étais d’abord été passionné de cartes et de géographie en générale. Et puis un jour on m’a emmené voir une course, qui était le Tour de France automobile. Quand j’ai vu les deux personnes dans la voiture, j’ai dit que je voulais faire copilote. Et puis c’est mieux qu’on ne me demande pas de conduire une voiture de course. Je conduis pas aussi bien que les gens qui nous emmène, alors c’est pas la peine d’essayer.»
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Comment recrute-t-on un copilote? «Est-ce qu’il y a un mercato? Tous les copilotes que moi je mettrai dans une voiture, ils sont au départ. Donc la réponse, vous l’avez. Certains ont des contrats à l’année, d’autres à la course. On est des intermittents du spectacle, comme dans le cinéma. Il y a des gens bien placés qui tournent souvent et qui gagnent leur vie, et puis y en a d’autres qui rament. Il y a beaucoup de copilotes amateurs. C’est aussi une discipline où l’expérience compte énormément, ce qui fait que je suis encore là, même si je suis une vieillerie.»
Le copilote doit-il forcément s’entendre aves con pilote? «Si on ne s’entend pas avec son copilote ça ne marche pas. On partage des galères, si y a as un minimum de compréhension, ça ne peut pas marcher. Moi je suis avec Nani (Roma) depuis trois ans. Il parle français, il comprend, ça m’aide évidemment. C’est quelqu’un de très agréable et de très humain, avec un bon coup de volant, ce qui est essentiel.»


















