De gauche à droite: Steve Jobs, John Sculley et Steve Wozniak, présentent l'Apple II, le 24 avril 1984.
De gauche à droite: Steve Jobs, John Sculley et Steve Wozniak, présentent l'Apple II, le 24 avril 1984. - S.VEDER/AP/SIPA

C.P.

L’informatique pour tous

En lançant le Macintosh (à 29 ans), Steve Jobs n’a pas construit le premier ordinateur (il y avait les Altairs auparavant), mais c’est le premier ordinateur «personnel». C’est à partir de là que chaque individu a pu envisager de posséder un ordinateur. Si les prix étaient encore inabordables, l’informatique devenait théoriquement accessible à tous.

La musique tout le temps

Ca a commencé en 2001, quand Steve Jobs a lancé l’iPod. Mais ça a surtout basculé en 2003, quand l’iTunes Store a été lancé – avec 200.000 morceaux dans son répertoire. La boutique en ligne d’Apple permet non pas la dématérialisation de la musique – qui existait déjà – mais sa dématérialisation d’une simplicité élémentaire. Ce sera toujours la force de Steve Jobs: pas nécessairement d’inventer, mais de trouver ce qui se fait, de le rendre accessible et meilleur. Et plus beau.

La beauté partout

Dans la guerre larvée qui l’opposait à Bill Gates, Steve Jobs avait un jour lancé «le problème avec Microsoft, c’est qu’ils n’ont aucun goût». Alors que chez Apple, ils en avaient. Dès les années 80, Steve Jobs troque le bois qui encastrait les ordinateurs contre du plastique, dès les années 90, ce plastique est de toutes les couleurs… Puis vient le métal. Le design et la beauté des objets ont toujours été fondamentaux pour Jobs – qui avait lui-même pris quelques cours de design étant jeune. Yves Béhar, designer industriel de la Sillicon Valley, écrit ainsi que la domination d’Apple sur les nouvelles technologies est intrinsèquement liée à la beauté de ces objets, et que cela a transformé la façon de les réaliser dans tous les domaines.

Un monde ouvert ou fermé

L’un des grands reproches faits à Apple, mais devenu aussi l’une de ses immenses forces, c’est le monde fermé choisi par Steve Jobs. Un ordinateur qui tourne sous un OS (logiciel d’exploitation de Mac) est complètement verrouillé: aucun programme non approuvé par Apple ne peut être utilisé sur l’iPad par exemple. Aucune chance d’acheter un film ailleurs que sur l’AppStore. Pas de Flash non plus – ce qui exclut un certain nombre de vidéos sur Internet. Mais la force d’Apple étant ce qu’elle est, cela permet de créer des mondes autarciques pour les internautes qui ont un iPhone, le branchent sur leur Mac en rentrant chez eux, achètent leurs films sur l’Apple Store, et les regardent sur leur iPod quand ils partent en vacances...

Ipad

L’iPad, sorti en 2010, n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais de plus en plus présent dans nos vies, beaucoup disent que c’est lui qui mènera la véritable révolution, poursuivant sur la lignée de 84: des ordinateurs personnels de plus en plus personnels que l’on pourra porter sur nous à chaque instant.