Le directeur général de Twitter, Jack Dorsey.
Le directeur général de Twitter, Jack Dorsey. - R.ASKEW/REX/SIPA

Un tweet en dit parfois plus qu’un long article. Rich Greenfield, analyste pour Goldman Sachs, résume en une capture d’écran l’étendue de l’exode chez les dirigeants de Twitter. Depuis novembre 2014, c’est l’hécatombe, avec les départs de huit des treize personnes-clés.

Le nouveau patron, Jack Dorsey, a confirmé dimanche soir la sortie de quatre cadres responsables des départements médias, ressources humaines, ingénierie et produit.

« Je suis triste de les voir partir mais ils vont prendre une pause méritée », écrit Dorsey. Katie Jacobs Stanton, notamment, qui s’occupait de l’expansion médiatique du réseau social, explique que le « temps est venu » de se consacrer à ses enfants. Lundi matin, c’est Jason Toff, de Vine, qui a annoncé qu’il partait rejoindre Google pour travailler sur un projet de réalité virtuelle.

Le plus inquiétant pour Twitter, c’est qu’on ne sait pas vraiment si ce grand chambardement fait partie de la restructuration voulue par Dorsey pour installer des personnes à lui. Selon le New York Times, quatre des cinq départs sont volontaires. Une seule personne a été écartée.

L’action au plus bas

Le mercato de Twitter ne sera pas facile. Il faudra séduire des stars de la Silicon Valleu alors que l’action est au plus bas et que les perspectives pour une rémunération via des stock options ne sont pas folles.

De nombreuses interrogations pèsent en effet sur la capacité du réseau à séduire de nouveaux utilisateurs. Ici et là, certains analystes boursiers comparent la situation actuelle à un pic pétrolier : à 300 millions d’utilisateurs, Twitter pourrait avoir atteint son maximum avec le produit actuel. Les résultats trimestriels attendus dans deux semaines ne devraient pas vraiment laisser présager d’une éclaircie, selon le consensus à Wall Street.

Rumeurs de rachat

L’action Twitter perdait encore 3 %, lundi. Depuis les plus hauts de mai 2015, le cours s’est effondré de 66 %, passant de 52 à 17 dollars.

Avec cette chute libre, Twitter ne vaut plus grand-chose, avec une capitalisation de 12 milliards de dollars. A ce prix, l’entreprise devient une cible pour un éventuel rachat, alors qu’Apple, Google ou Microsoft ont plusieurs dizaines de milliards de dollars de cash en réserve.

Récemment, une rumeur prêtait des intentions à New Corps. Mais après des rachats ratés (MySpace, hum), le conglomérat de Rupert Murdoch a démenti tout intérêt la semaine dernière. Le salut devra donc venir de l’intérieur. Jack Dorsey a promis de rendre l’utilisation de Twitter « aussi simple que de regarder par la fenêtre ». On attend de voir.

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