Les montres intelligentes se cherchent une utilité

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Publié le 7 septembre 2013.

TECH - Le Galaxy Gear, de Samsung, est loin d'avoir convaincu...

Un ordinateur miniaturisé au poignet, ça fait 50 ans que la science-fiction l'imagine et près de 30 que les fabricants essaient de l'imposer. Sans y arriver, des montres Seiko à la Linux Watch en passant par les modèles PDA/calculatrices des années 1990/2000. Interface catastrophique, fonctions limitées, design douteux... Elles ont toutes fait un flop. Mais ça y est, l'industrie en est persuadée, leur heure a sonné. Sony et Samsung ont dégainé, Apple, Google et Microsoft ne devraient pas tarder, et le marché pourrait même atteindre 10 milliards de dollars en 2016, selon Gartner. Ou pas. On se souvient encore du succès foudroyant des télés 3D.

Un compagnon pour téléphone portable

La plupart des montres nouvelle génération ne sont pas conçue pour fonctionner en solo. Hormis le prototype de la startup Omate, équipé d'un GPS et d'une puce 3G, elles ont besoin de se connecter au smartphone. La batterie du téléphone est morte? Adieu emails, SMS et tweets au poignet.

Avec le Galaxy Gear de Samsung, disponible le 24 septembre à 299 euros, on peut téléphoner comme David Hasselhoff dans la série «K 2000», via la liaison Bluetooth du smartphone. Selon les premiers testeurs, le haut-parleur est faible et le micro coupe mal le bruit environnant. En clair, ce n'est possible que si on est seul, au calme. Par exemple au volant, suggère Samsung. Ce n'est pas comme toutes les voitures modernes étaient déjà équipées d'un système mains libres.

Des fonctions superflues

Téléphoner avec sa montre n'est donc pas très utile. Qu'à cela ne tienne, Samsung a une autre idée: l'équiper d'un appareil photo de médiocre qualité (1,9 mégapixel). La promesse: capturer un cliché en un clin d’œil, pour en faire un pense-bête, par exemple, ou le poster sur Facebook. Sauf que les smartphones ont fait de gros progrès. Avec le Moto X, il suffit de le secouer en le sortant de sa poche pour prendre une photo en une seconde.

Avec tout ça, la batterie du Galaxy Gear est censée tenir «environ une journée», si tout va bien. Si ce n'est pas le cas, il faut transporter son dock pour la recharger. Et ne comptez pas la remplacer après un an si elle commence à faiblir car elle n'est pas remplaçable.

Du potentiel

Tout n'est pas négatif. L'intérêt principal d'une smartwatch, c'est de pouvoir filtrer les alertes incessantes pour décider si elles méritent de sortir son téléphone de sa poche. Ajoutez un Siri ou un Google Now amélioré, et elles ont le potentiel pour devenir un assistant personnel efficace, et peuvent aussi séduire les sportifs. Alors que le smartphone peine à s'imposer sur le paiement mobile, une montre, avec une batterie tenant 48 ou 72 heures, pourrait avoir plus de succès.

On en n'est pas là. «C'est encore un produit de niche et seulement une très petite fraction de consommateurs vont remplacer leur smartphone par une smartwatch dans les cinq prochaines années», explique l'analyste Annette Zimmermann, à l'AFP. Si un acteur comme Apple réussit à proposer un design vraiment attrayant, à un prix attractif, la montre pourrait toutefois opérer un retour en grâce comme accessoire de mode. A condition que les ados n'aient pas complètement oublié comme la porter. Et que les lunettes n'aient pas pris le pouvoir.

* Philippe Berry

 
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