VIDEO. Les cinq raisons de croire que la blessure de Neymar n’est pas (trop) une cata’ pour le PSG

FOOTBALL On a essayé de se rassurer comme on pouvait...

Aymeric Le Gall
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Thiago Silva et Neymar.
Thiago Silva et Neymar. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • Neymar est sorti sur blessure lors du clasico remporté par le PSG. 
  • C'est une mauvaise nouvelle pour Paris à quelques jours d'affronter le Real Madrid. 
  • On a essayé de relativiser (avec beaucoup de mauvaise foi) la situation parisienne. 

De notre envoyé spécial au Parc des Princes

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé… Après le gros couac survenu au Parc des Princes à la 78e minute du clasico PSG-OM, quand Neymar, pétri de douleur et en larmes, s’est écroulé sur la pelouse, on imagine déjà les réactions des dirigeants parisiens. Pour vous la faire courte, ça doit donner à peu près ça:

>> Nasser Al-Khelaïfi : « Mais bordel de nom de dieu, j’ai pas lâché 222 patates pour acheter Neymar et gagner la Ligue des champions pour qu’au final il se pète comme un Brésilien fragile dans un choc imaginaire dans un match de Ligue 1 ! »

>> Unaï Emery : « Elles se montent à combien, déjà, mes indemnités de licenciement ? »

C’est vrai que ça fait mal de bichonner sa star pendant des mois pour la voir se tordre la cheville toute seule avant le match le plus important de la saison. Surtout à dix minutes de la fin d’un clasico gagné depuis bien longtemps… Et pourtant, alors que les supporters parisiens - qui ont probablement dû passer la nuit sur Doctissimo et sont désormais incollables à propos de tout ce qui est malléole et fibres ligamentaires - sont en position latérale de sécurité nus sur le carrelage de leur salle de bain, la nouvelle de la blessure de Neymar n’est pas si grave que ça. Mieux, c’est peut-être même la meilleure chose qui pouvait arriver au PSG avant le match face au Real Madrid. Voici les cinq raisons (garanties 95 % mauvaise foi) de nous croire.

1. Parce que Di Maria est chaud comme jamais

Dire qu’il n’attendait que ça serait légèrement exagéré, mais tout de même. Après avoir traversé la première partie de saison tel un zombie, Angel Di Maria est en feu depuis le début de l’année 2018. Sur les 12 matchs qu’il a disputés cette année, la Nouille (Fideo, son surnom en Argentin) affiche une feuille de stats hallucinantes (10 buts, 1 passe dé’). Et alors qu’il y a quelques semaines, Di Maria se demandait encore s’il ne devait pas quitter le PSG, il est aujourd’hui le joueur le plus utilisé par Unai Emery en 2018.

Regonflé par la visite à Paris de Jorge Sampaoli, le sélectionneur argentin, qui lui a laissé entendre qu’il avait de grandes chances d’être du voyage au Mondial en Russie s’il continuait à bosser ainsi, ADM mettra ses tripes sur le terrain pour qualifier le PSG et éliminer son ancien club madrilène.

2. Parce que, inconsciemment, sans Neymar le Real va lever le pied

Ils auront beau clamer partout que l’absence de Neymar ne change rien à l’affaire, que le PSG reste une grande équipe européenne, les Madrilènes arriveront quand même à Paris avec la certitude que les jeux sont faits. On ne peut pas leur en vouloir, c’est une réaction mentale aussi logique qu'inconsciente. On apprendra même dans la presse catalane, après leur élimination par le PSG, que Florentino Perez, le président du Real, avait déjà réservé les chambres d’hôtels dans les villes des sept clubs qualifiés pour les quarts de finale de Ligue des champions.

3. Parce qu’éliminer le Real sans Neymar ça a quand même plus de gueule

On sait très bien que si le PSG parvient à éliminer le Real avec un Neymar au sommet de son art, l’Europe tout entière brandira l’argument du « ouais, super, c’est facile de faire ça quand on a le portefeuille aussi épais que le PIB du Luxembourg ». Alors que taper les Espagnols au Parc sans l’homme-qui-vaut-222-millions-d’euros, ça, ça aurait de la gueule. Au courage, avec les tripes (et Layvin Kurzawa), le PSG va prouver qu’il est avant tout un collectif soudé avant d’être une somme d’individualités.

4. Parce que sa vengeance n’en sera que plus terrible

Imaginez le « seum » puissance 10.000 de Neymar si le Paris Saint-Germain venait à se faire sortir dès les huitièmes de finale de Ligue des champions. Ça se comprend, on a connu meilleures perspectives de fin de saison que des matchs face à Troyes, Metz, Angers ou Amiens. Et puis, tellement persuadé que ses coéquipiers ne réaliseront pas l’exploit de la remontada sans lui, Neymar n'en sera que plus motivé quand il verra qu'ils l'ont fait et que c'est maintenant à lui de marcher sur Chelsea (car oui, les Blues vont éliminer le Barça, au fait) en quart de finale.

5. Parce que, de toute façon, il aurait été aussi mauvais qu’à l’aller

Vous vous souvenez de son match médiocre à l’aller à Santiago Bernabeu ? Eh bien sachez que ça aurait été du même acabit au retour au Parc des Princes. Obnubilé par l’idée d’être le meilleur partout, tout le temps, Neymar aurait voulu tout faire lui-même et c’est toute l’équipe qui se serait à nouveau vautrée. On peut même vous dire précisément comment ça se serait passé : sur un contre éclair à la 90e minute (le score est alors de 1-0 pour le PSG), Neymar oublie volontairement Cavani, seul sur sa droite, et préfére se garder le but de la qualif’. Sauf que, comme Di Maria au Camp Nou un an plus tôt, il se serait foiré.

Score final : 1-0 pour Paris, qualification du Real et réaction en chaîne.

Le schéma ci-dessous :

Le vestiaire implose > Emery est viré > Al-Khelaïfi saute à son tour > Le Qatar revend le PSG à Colony Capital > Apoula Edel est nommé président > Mateja Kezman devient le nouvel entraîneur > Le PSG est relégué en Ligue 2

Alors, quand on vous disait que la blessure de Neymar était plutôt une bonne nouvelle, vous nous croyez maintenant ?