Allemagne: «J'aurais pu mourir»... Un footballeur kurde fait l'objet d'une tentative de meurtre

FOOTBALL La justice allemande a annoncé lundi avoir ouvert une enquête pour tentative de meurtre...

W.P, avec AFP
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Deniz Naki a été visé par des coups de feu alors qu'il roulait en voiture
Deniz Naki a été visé par des coups de feu alors qu'il roulait en voiture — PIXATHLON/SIPA

Les faits se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi. Le footballeur Deniz Naki, un Turco-Kurde de 28 ans, roulait en voiture sur une autoroute près de sa ville natale de Düren, dans l’Ouest de l'Allemagne, quand plusieurs coups de feu ont été tirés en provenance d’une voiture break noire dans sa direction, sans l’atteindre. La justice allemande a annoncé lundi avoir ouvert une enquête pour « tentative de meurtre ».

Une affaire politique ?

« J’aurais pu mourir, ce n’est pas passé loin », a déclaré la victime au quotidien Die Welt. « Une balle a touché une fenêtre, l’autre est passée près d’un pneu », a-t-il ajouté, ajoutant avoir eu la peur de sa vie. « Je pense qu’il s’agit ici d’une affaire politique, je suis une cible permanente en Turquie parce que je défends des positions pro-kurdes », a-t-il dit au site internet de l’hebdomadaire Der Spiegel. Ce footballeur kurde né en Allemagne avait été condamné en avril 2017 par un tribunal turc à une peine d’un an et demi de prison avec sursis pour « propagande terroriste ».

Attaquant du club d’Amedspor (3e division turque), il était poursuivi pour avoir critiqué sur les réseaux sociaux les opérations des forces de sécurité turques contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux.

« Propagande idéologique » contraire à « l’esprit sportif »

Il avait également appelé à la fin des combats qui ensanglantent le sud-est à majorité kurde de la Turquie lors d’une interview. La commission disciplinaire de la fédération turque avait qualifié cette initiative de « propagande idéologique » contraire à « l’esprit sportif ».

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Le gouvernement islamo-conservateur turc, qui a promis « d'éradiquer » le PKK, multiplie les poursuites pour « propagande terroriste » contre les critiques de sa politique et les soutiens à la cause kurde, journalistes, opposants ou simples citoyens.