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Marc Madiot passe la main, clap de fin d’une aventure de presque 30 ans

Groupama-FDJ : Marc Madiot passe la main, clap de fin d’une aventure de presque 30 ans

cyclismeL’historique manager général de l’équipe française va laisser les rênes en 2026, même si – bien sûr – il ne sera jamais bien loin
Nicolas Camus

N.C. avec AFP

Il ne sera jamais bien loin, on le connaît, mais Marc Madiot qui gueule à s’en faire péter les cordes vocales dans les derniers kilomètres d’une course que l’un de ses poulains est parti pour gagner, c’est terminé. Le Mayennais, grande figure du cyclisme français, quitte en cette fin d’année ses fonctions de manager général de l’équipe Groupama-FDJ, qu’il avait fondée en 1997 sous le nom de La Française des Jeux.

« Le garant des valeurs de l’équipe »

Ce départ marque la fin d’une époque, forcément. Madiot passe le relais à son adjoint Thierry Cornec dont le profil, plus techno, illustre les changements profonds à l’œuvre dans ce sport. « Il était opportun de se régénérer, d’ouvrir des portes et d’avancer. Je vais avoir 67 ans au mois d’avril. Je pense qu’il faut se tourner vers l’avenir. C’est le moment », a confié Madiot ce samedi lors d’un entretien commun avec Thierry Cornec pour le journal L’Equipe et l’AFP.

Concrètement, l’ancien double vainqueur de Paris-Roubaix (1985 et 1991) « lâche le guidon » pour devenir président de la structure, une mue qui sera effective administrativement en avril mais qui a en réalité déjà commencé. « Marc va continuer à participer au développement avec les partenaires et sera aussi le garant des valeurs de l’équipe », explique son successeur, arrivé comme directeur général adjoint en juin 2024.

Marc Madiot honoré lors de la cérémonie des Vélos d'or, le 5 décembre 2025 à Paris.
Marc Madiot honoré lors de la cérémonie des Vélos d'or, le 5 décembre 2025 à Paris. - Adil Benayache/SIPA

« Thierry reprend tout le sportif et devient manager général de l’équipe. L’opérationnel, ce sera Thierry », a insisté en retour Madiot, qui continuera « bien sûr » à se rendre « régulièrement » sur les courses, mais davantage dans un rôle d’ambassadeur. « Mon ambition, dit le Mayennais, est que l’équipe me survive. Si je peux donner un coup de main dans d’autres secteurs que le sportif, ça me convient bien. L’équipe est mon deuxième bébé. Je l’aime, j’ai encore envie de la chérir, mais je sais qu’elle est à majorité, qu’il faut qu’elle prenne son envol. »

« Une autre ère »

Sa prise de recul, qui s’ajoute à celles d’autres dirigeants historiques comme Patrick Lefevere, Vincent Lavenu ou prochainement Jean-René Bernaudeau, marque un tournant dans un sport où les patrons ont historiquement été d’anciens coureurs. Un par un, ils sont remplacés par des profils plus techniques, des chefs d’entreprise avant tout, à l’image de Thierry Cornec, 53 ans, responsable des ventes et directeur pendant 22 ans chez l’équipementier Mavic, puis directeur général du fabriquant de cycles Lapierre.

« Quand j’ai démarré il y a 30 ans, on était une petite épicerie. On avait 18 coureurs et 12 membres d’encadrement. Je connaissais tout le monde, a raconté Madiot. Aujourd’hui, on est 120 personnes. Je signe des contrats avec des gens que je ne connais pas, que j’embauche sur un CV. On était des petits artisans. Ça devient un sport mondial tourné vers la haute technologie, la haute performance et des moyens extrêmement renforcés pour certaines équipes. »

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« Une autre ère » qui ne lui sied pas toujours et dont certains aspects ont été déclencheurs dans sa décision de prendre du champ. « Quand j’ai fait signer (l’ancien coureur belge) Philippe Gilbert, j’ai pris ma voiture, je suis allé en Belgique, j’ai discuté avec le gamin, ses parents et je suis revenu avec un contrat signé. Dernièrement, il m’est arrivé d’avoir des contacts avec des cadets ou juniors qui m’ont dit : "voyez avec mon agent, Monsieur". On n’est plus dans la même veine. »