Coupe du monde 2018: Cristiano Ronaldo, tu seras un héros mon fils... On a rencontré Dolores, la maman de CR7

FOOTBALL Rencontre avec maman CR7...

Jean-Loup Delmas

— 

C'est l'histoire de la famiiiiiille...
C'est l'histoire de la famiiiiiille... — Jean-Kévin Paint
  • On a rencontré Maria Dolores Aveiro, mère de Cristiano Ronaldo
  • Elle nous a causé de l'enfance et de l'éducation de son fils prodige
  • Les Ballons d'or, c'est bien, la famille c'est mieux 

Elles sont comme ça les mamans. On a beau décrocher le bac, le permis, avoir un salaire mirobolant, une baraque, vivre un mariage heureux et trois gosses au compteur, elles n’ont de cesse de nous le rappeler : « Quoi qu’il arrive, tu resteras toujours mon bébé. »

Maria Dolores Aveiro ne fait pas exception. Elle se décrit d’ailleurs comme une mère normale. C’est son fils qui est exceptionnel. Cinq ballons d’or, une légende vivante du Portugal et du Real Madrid, un titre officieux et disputé de meilleur joueur du monde, et un nom que tout le monde connaît :  Cristiano Ronaldo. Et bien rien à faire, il reste son petit criança (bambin).

Les questions sur Messi censurées

Mieux encore, elle voit en lui la réussite de son éducation : « Ce qu’on flatte chez Cristiano, c’est son professionnalisme, son sens du travail et son mental à toutes épreuves et le fait qu’il ne lâche rien. Que des valeurs que je lui ai enseignées quand il était petit. » Un peu plus et elle nous dirait que c’est elle qui lui a appris à mettre ses coups francs de 40 mètres en pleine lucarne. Ils sont comme ça les parents, ils aiment voir leur môme réussir.

Mais assez de projecteurs sont sur son fils comme ça, Maria Dolores Aveiro a donc décidé de parler d’elle, de sa vie, ses épreuves, sa famille, dans son livre sobrement intitulé « Mère courage ». Bien sûr Cristiano Ronaldo revient extrêmement souvent dans les 200 pages du bouquin, mais loin d’être dans l’ombre de son descendant, Maria en profite pour se mettre en lumière. On est donc allé la rencontrer à l’occasion de la promotion de cette autobiographie.

 

Voir maman Ronaldo, c’est avoir rendez-vous avec un personnage, aussi star que son gosse, et avec un ego similaire, accompagnée d’une horde de communicants, gardes, attachés de com. Ses réponses sont courtes, efficaces, rapides. Comme les frappes du bambin. Pas de temps à perdre. Elle ne nous lancera qu’un seul regard durant toute l’interview, le reste du temps, elle restera fixée sur la traductrice ou son clan.

Maria Dolores Aveiro et son fils.
Maria Dolores Aveiro et son fils. - OFA/ZOJ/WENN.COM/SIPA

A la première évocation de Lionel Messi, ses sourcils se froncent, son regard se durcit. A la seconde, son attachée de presse nous dit fermement de changer de questions. A l’image de son fils, Maria Dolores Aveiro souhaite tout contrôler, tout maîtriser. Sa communication donc, mais aussi et surtout sa famille, véritable clan dont elle s’assure chaque jour de la solidité des liens. A-t-elle craint que l’énorme célébrité de son môme casse l’harmonie familiale qu’elle avait bâtie ? Non, au contraire. Cristiano Ronaldo est devenu le ciment des Aveiro. Toute la famille est dévouée au succès de la star, s’attelle à le défendre, à le vanter et à le soutenir.

Boys don’t cry

« On est en communion avec sa carrière. Par exemple, même encore aujourd’hui, je vis très mal les sifflets et les insultes qu’il reçoit parfois dans les stades. Je les prends aussi pour moi. Après, le monde est comme ça, les gens ont besoin de détester les héros, soupire Maria. Avant chaque grande compétition ou match à enjeux, il m’appelle et je le conseille et je le rassure. »

Les coups de téléphone avec son fils, elle connaît bien. En 1997, Maria Dolores doit prendre la décision la plus dure de sa vie de mère : « abandonner » Ronaldo au Sporting Lisbonne, l’un des plus grands clubs portugais, situé sur le continent, loin de sa Madère natale (on précise pour les billes en géographie, Madère est une île à 500 kms de Lisbonne). Pour cette femme orpheline dès son enfance, l’idée de laisser son gosse à plusieurs heures d’avion était un déchirement.

« Pendant des jours, il m’appelait en pleurs. Il voulait rentrer, ou que je vienne. Les autres enfants se moquaient de lui à cause de son accent. Bien sûr, j’avais envie de sauter dans le premier avion, mais j’ai dit non. C’était à lui de surmonter ça, de vivre ses épreuves, ses échecs, et de les vaincre. Si j’étais venu l’épauler, il n’aurait jamais été aussi fort maintenant. J’ai laissé la vie le forger et l’endurcir. »

Pour la petite anecdote et la belle fin à l’américaine, l’aéroport où elle avait envie de foncer à Madère pour sécher les larmes de son fils s’appelle maintenant Aéroport Cristiano Ronaldo. Comme quoi, c’était franchement une bonne idée.

La revanche de 2016

Sept ans plus tard, Ronaldo sera à nouveau inconsolable dans cette même ville de Lisbonne. 2004, le Portugal perd la finale de ce qui devait être son Euro à domicile face à la Grèce à l’Estadio de la Luz. Le pays entier découvre et partage les larmes d’un gamin de 18 piges perdu sur le terrain, ne pouvant comprendre comment ce titre qui semblait promis à la nation a pu lui échapper.

« Ronaldo a connu plus de victoires que de défaites, mais celle-ci fut de loin la pire et la plus douloureuse », se remémore Maria. On sent d’ailleurs qu’on ne va pas trop insister dessus tant la cicatrice semble encore vive, et on n’a pas envie de se refaire taper sur les doigts après la question sur Messi.

Mais la peine a depuis eu le temps de sécher, et l’armoire à trophée de se garnir. Aux pleurs de 2004 ont succédé les larmes de joie à Moscou en 2008, pour sa première Ligue des champions et celles, plus importantes encore pour Maria, de 2016, avec la revanche enfin sur ce maudit Euro 2004. Une revanche plus personnelle encore pour sa mère qui, dans le sillage des triomphes de son fils prodige, s’est construit une nouvelle vie, loin de sa tristesse et des épreuves d’avant.

Aujourd’hui Cricri dispute sa huitième grande compétition internationale avec le Portugal, et déjà sa quatrième Coupe du monde. C’est sur lui que se portent les espoirs de tout un peuple. Et ça, Maria le vit plutôt bien : « C’est un orgueil et une fierté d’être la mère de Ronaldo. Tous les Portugais comptent sur lui et l’aiment. » Et ce n’est pas elle qui dira le contraire, on peut manquer d’amour, mais on en a jamais trop.