Roland-Garros: Les petits secrets des cordeurs de raquettes

TENNIS Ils bichonnent les outils de travail des joueurs pendant le tournoi...

Romain Scotto

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Le cordeur de raquette espagnol de Rafael Nadal, Xavi Segura, à Roland-Garros.
Le cordeur de raquette espagnol de Rafael Nadal, Xavi Segura, à Roland-Garros. — DR

Ils travaillent dans la «stringing zone» Babolat (la zone de cordage en anglais), dans le gymnase qui sert à l’année de centre d’entraînement aux joueurs français. Toute la journée à Roland-Garros, ils font tourner les raquettes des joueurs entre leurs doigts. Voici les petits secrets des spécialistes du cordage.

Combien sont-ils? Dix-huit cordeurs de toutes nationalités se relaient sur 16 machines pendant quinze jours. La plupart travaillent à plein temps sur les tournois. Certains ont une autre activité principale. Cette année, la star du stand s’appelle Xavi Segura. Ce cordeur rattaché à l’équipe d’Espagne de Coupe Davis et de Fed Cup est le chouchou des joueurs espagnols. Toutes les raquettes de Rafael Nadal passent donc entre ses doigts.

Quelles sont les spécificités du métier? L’expérience, la connaissance du joueur et la dextérité et la rapidité d’exécution. Pour un cordage express, exigé pendant un match, comptez entre douze et quinze minutes. Chaque cordeur monte en moyenne 30 raquettes par jour pendant la quinzaine. Un travail «éprouvant» note Stéphane Chrzanovski, qui a vu défiler les raquettes de Djokovic ou Federer. «Il faut toujours bien ajuster la raquette, bien serrer les pinces, ne pas faire de pont.» Oui, c’est un métier.

Combien de raquettes? Avant les demi-finales masculines, 2.634 raquettes sont passées sur le stand. C’est déjà plus que l’année dernière où 2.559 avaient été cordées. «Il n’y a pas forcément plus de casse, mais plus de joueurs intéressés, avance Alexie Karkafiris, qui enregistre toutes les demandes. Selon elle, les joueurs changent les cordages en fonction de la baisse de tension plus que de la casse. Tous les sept jeux pour les meilleurs qui stockent parfois leurs raquettes dans des glacières, suivant une mode lancée par Pete Sampras.

Combien ça coute? Tout dépend du statut du joueur. 25 euros pour le montage d’une raquette d’un joueur du tableau principal. 20 pour un qualifié et 15 pour un junior (cordage non fourni). «Sur quinze jours, c’est un budget et c’est pour ça qu’en qualif, les joueurs ne viennent qu’avec une ou deux raquettes. Les meilleurs ne regardent pas, ils livrent cinq raquettes d’un coup», enchaîne Stéphane Chrzanovski.

Qui tend le plus? Et le moins? Tout est une question d’effet trampoline. Plus une raquette est tendue, plus il faut cogner pour renvoyer la balle. Une raquette détendue assure un maximum de puissance, mais reste difficilement contrôlable. A ce petit jeu, le recordman s’appelle Alexander Peya, un spécialiste du double qui tend à 32kg. Sharapova est à 28kg, Nadal 25kg et Federer 22kg. A l’inverse, l’Italien Volandri joue avec une raquette tendue à 11 kg. Un tamis d’une autre époque semblable à celui d’une raquette de plage.