Juan-Martin Hernandez: «Je vais devenir un joueur plus fort»

RUGBY Enfin lâché par les blessures, l'ouvreur argentin du Racing-Metro évoque pour «20 Minutes» le derby contre le Stade Français, son amour de Paris et même Javier Pastore...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Le joueur du Racing-Metro, Juan Martin Hernandez, le 12 février 2011
Le joueur du Racing-Metro, Juan Martin Hernandez, le 12 février 2011 — B.LANGLOIS/AFP

Et si «El Mago» retrouvait sa baguette magique au meilleur moment? Comme depuis trois ans, l’Argentin a vécu une saison pourrie par les pépins physiques. Presque revenu à 100%, l’ouvreur du Racing-Metro 92 va retrouver samedi sur la pelouse de Saint-Denis ce Stade Français auquel il restera toujours un peu lié. Mais quand il y a une place pour les phases finales à la clé, l’heure n’est pas à la nostalgie.

Vous venez de prolonger de trois ans avec le Racing-Metro. Comment se sont passées les discussions?
On s’assied autour d’une table avec son agent, le président et on signe le contrat… Plus sérieusement, le club m’a toujours soutenu. Déjà,  il m’a fait confiance à mon arrivée alors que j’étais blessé au dos. Il m’a encore soutenu après ma blessure au genou. Le Racing a toujours été loyal avec moi. Il y a ici un bon projet et des joueurs de qualité pour le porter. Et j’ai envie d’en faire partie.

Votre attachement à Paris a-t-il joué?
En dehors de mes six mois en Afrique du Sud (NDLR: entre 2009 et 2010), je vis à Paris depuis 2003. Quand le Racing est venu me chercher, le fait de revenir dans cette ville que j’adore comptait autant que le projet sportif. J’habite dans le XVIe arrondissement après avoir vécu un moment à Sceaux (Hauts-de-Seine). Je m’y sens mieux qu’en banlieue. J’adore marcher dans Paris. Quand je descends de chez moi, j’ai des boutiques, des restaurants, des parcs et Roland-Garros. Je peux aller voir un match, revenir manger à la maison puis repartir regarder un autre match. Et il y aussi le PSG pas très loin…

Comment jugez-vous la saison de votre compatriote Javier Pastore?
Je ne le connais pas mais j’aime bien son style de jeu. On l’a critiqué un moment, maintenant ça va mieux puisqu’il marque de nouveau.  Il a eu du mal après sa blessure en janvier, mais il fait quand-même une bonne saison.

Est-ce que vous ressentez la différence de mentalité entre le Stade Français qui a la réputation d’un club familial et paillettes et le Racing qu’on présente comme plus austère? 
Les gens voient les choses comme ça. Max (Guazzini) mettait plus en avant la vie du club. Mais on passe plus de temps ensemble entre joueurs au Racing. Déjà parce qu’on a un lieu de vie commun, ce qui n’était pas le cas au Stade Français. La force de notre équipe était d’avoir su créer une famille. Au Racing, on est en train de la créer. On le voit sur le terrain. Depuis cinq matchs, l’équipe change moins et on commence à mieux se trouver.

Que représente pour vous le derby de samedi?
Il y a beaucoup de choses. La qualification, le Stade de France, le derby et les 130 ans pour du Racing. Mais ce qui compte, c’est d’abord la qualification. Et si on gagne, on aura beaucoup plus de chance d’accéder aux barrages.

Vous êtes d’accord si on vous dit que le Stade Français est une équipe qui joue davantage que vous?
C’est le résultat qui compte. Regardez Barcelone contre Chelsea… Si vous arrivez à gagner avec des essais et beaucoup de volume de jeu, tant mieux. Mais le but du jeu en rugby, c’est d’abord de mettre des points.

Vous avez expliqué dernièrement être davantage au service du collectif et moins capable de créer des différences individuellement…
Il y a deux choses. Qu’est-ce que l’équipe attend de son ouvreur? Si tu portes beaucoup le ballon, tu risques d’être plus souvent au sol. Quand le jeu continue, tu n’es plus là. En ce moment, le Racing a plus besoin que je reste sur mes appuis et toujours disponibles pour orienter. Après, il y a mes blessures. J’ai moins la possibilité physique de faire des différences, alors je me consacre surtout à orienter le jeu.

Pensez-vous redevenir le joueur que vous étiez en 2007?
Je vais devenir un joueur plus fort. J’ai l’expérience et beaucoup d’essence dans le moteur. Je n’ai que 29 ans. J’ai encore la tête fraîche pour beaucoup donner à mon équipe. Depuis deux ans, j’ai surtout fait de la récupération et peu de préparation.  Physiquement, je me sens encore un peu en retrait mais avec une bonne préparation la saison prochaine, je pense que je serais encore plus fort.