Dusautoir, roi du monde

Nicolas Stival

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Le Toulousain a été le meilleur des finalistes, dimanche à Auckland.
Le Toulousain a été le meilleur des finalistes, dimanche à Auckland. — R. Griffith/AP/SIPA

La récompense lui a été attribuée hier, au lendemain d'une finale de Coupe du monde qu'il a survolée, mais perdue avec l'équipe de France (7-8) contre la Nouvelle-Zélande. Il n'empêche : le choix de l'IRB, l'organisme en charge du rugby mondial, de désigner hier Thierry Dusautoir comme joueur de l'année rejaillit aussi sur le Stade Toulousain. « Il est exemplaire, en club comme en Bleu », souligne Sylvain Nicolas, troisième ligne comme son capitaine. « Exemplaire ». Le terme revient chez tous les coéquipiers interrogés. « C'est un très bon joueur et un grand type, affirme l'ailier Yves Donguy. Il est humble, très simple, à l'image de son rugby. »

« Le match parfait »
pour Lamboley
Dusautoir (29 ans, 49 sélections) est également un taiseux dont la voix porte. « Il ne s'exprime pas beaucoup, mais quand il le fait; tu as intérêt à l'écouter », sourit Donguy, natif de Côte d'Ivoire comme le « Dark destroyer ». « Son temps de parole est tellement rare que quand il parle, ça te touche », ajoute Grégory Lamboley, qui le compare à Fabien Pelous. Le deuxième ou troisième ligne n'avait encore jamais vu Dusautoir atteindre son niveau de la finale de dimanche, couronnée d'un essai. « Il a été réellement monstrueux, juge Lamboley. On dit souvent qu'un seul joueur ne pas peut faire gagner l'équipe, mais là, il n'en a pas été loin. On a parlé de sa performance en quart de finale du Mondial 2007 [succès contre la Nouvelle-Zélande, 20-18]. Mais dimanche, il a réussi le match parfait. Il a été le meneur de l'équipe du début du haka jusqu'à la fin du match. » Ironiquement, le Toulousain succède au palmarès à Richard McCaw, son alter ego néo-zélandais. « Etre récompensé après avoir perdu le titre de champion du monde qu'il méritait sur ce match n'atténuera pas sa déception, souligne Guy Novès. Mais nous sommes très heureux pour lui. Il le doit à son travail, à sa personnalité. » A Toulouse, comme dans le monde entier, « Titi » fait l'unanimité. W

Christian Labit pour succéder à Yannick Bru ?

Yannick Bru, actuel entraîneur des avants stadistes, est pressenti depuis de longues semaines pour assister Philippe Saint-André, qui remplacera Marc Lièvremont à la tête de l'équipe de France le 1er décembre. Si Bru rejoignait les Bleus, Christian Labit serait en première ligne pour le remplacer, selon La Dépêche du Midi. L'ancien numéro 8 toulousain et idole d'Ernest-Wallon (40 ans) entraîne Carcassonne (Pro D2) depuis juin 2007.