Tumeur du foie: Que peut-t-il arriver à Eric Abidal?

SANTÉ e point sur le cas du joueur du F.C. Barcelone, qui va être opéré jeudi...

Julien Ménielle

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Le défenseur du FC Barcelone, Eric Abidal, le 6 décembre 2010
Le défenseur du FC Barcelone, Eric Abidal, le 6 décembre 2010 — J.LAGO/AFP

La nouvelle est tombée sous la forme d’un communiqué laconique, mais elle a fait l’effet d’une bombe dans le monde du ballon rond. Eric Abidal, pas encore 32 ans, va être opéré d’une tumeur du foie. Ce mercredi, on apprend même que l’intervention, avancée de 24 heures, aura lieu jeudi.

Rien ne filtre sur la nature exacte de la maladie du défenseur des Bleus. Mais les informations disponibles orientent vers deux possibilités: un cancer ou une tumeur bénigne. Côté cancer, «le carcinome hépatocellulaire représente 90% des tumeurs primitives du foie. Il concerne 7.000 à 8.000 nouveaux cas par an en France», indique à 20minutes.fr le professeur Olivier Rosmorduc, hépatologue à l’hôpital Saint-Antoine.

Hépatite B ou métastases

Une maladie qui apparaît le plus souvent vers 55-60 ans, sur un foie atteint de cirrhose, mais qui peut, «chez certains patients originaires de pays d’Afrique tropicale ou d’Asie du Sud Est», apparaitre dès 35 à 40 ans, sur un foie parfois sain, précise le spécialiste, ajoutant que «dans ce cas, la cause est le plus souvent le virus de l’hépatite B qui a été transmis à la naissance et l’évolution de ces cancers est souvent rapide».

Un autre type de cancer, le cholangiocarcinome est moins fréquent et survient vers 50 ans. Les autres types de tumeurs primitives sont très rares, et les tumeurs secondaires sont, elles, «des métastases d’autres cancers (côlon, rectum, pancréas, poumons…)», précise Olivier Rosmorduc. Quant aux tumeurs bénignes, elles ne nécessitent pas d’intervention, alors qu’Eric Abidal va être opéré.

Ablation d’une partie du foie

Reste le cas de l’adénome du foie, bénin, mais qu’il est recommandé de retirer chirurgicalement «en raison du risque de saignement, de rupture ou moins fréquemment de cancérisation». Mais ce type de lésion ne touche que 0,001% de la population, et très majoritairement des femmes. «Des causes héréditaires ou médicamenteuses (traitements anabolisants) peuvent également être à l’origine d’adénomes multiples du foie», qu'il convient alors de retirer, précise l’hépatologue.

Quelle qu’en soit la cause, la tumeur d’Eric Abidal doit être opérée. «Dans le cas de ce joueur, la tumeur semble opérable ce qui est un signe a priori plutôt favorable. Le type d’intervention dépend de la taille et du nombre des tumeurs mais aussi du stade de la maladie sous jacente», confirme Olivier Rosmorduc. Les chirurgiens vont donc procéder à l’ablation de la lésion, mais aussi «une large fraction du foie autour».

«Dans certains cas, on peut proposer au patient une greffe hépatique»

Les médecins devront ensuite analyser le tissu malade pour envisager la suite de la prise en charge. «Après l’opération le foie se régénère d’autant plus facilement qu’il n’y a pas de cirrhose et retrouve, en principe, une fonction normale», explique l’hépatologue. Sans séquelle, la carrière d’Eric Abidal n’est donc dans ce cas pas menacée. Mais «le principal risque à distance de l’opération est la récidive», prévient Olivier Rosmorduc.

«Dans certains cas, on peut proposer au patient une greffe hépatique pour traiter ces tumeurs, soit dans un premier temps soit dans un deuxième temps», ajoute le spécialiste. Une intervention lourde, subie en son temps par le légendaire joueur de Manchester United George Best. Une intervention qui impose un traitement immunosuppresseur à vie pour éviter le rejet de la greffe. Des contraintes difficilement compatibles avec le sport de haut niveau. Mais Eric Abidal n’en est pas là.