Drame du lugeur aux JO 2010: les organisateurs savaient la piste trop rapide
SPORTS D'HIVER•Le président du comité organisateur des JO d'hiver 2010 à Vancouver s'inquiétait...© 2011 AFP
Le président du comité organisateur des JO d'hiver 2010 à Vancouver (Covan) avait dit craindre qu'un athlète «ne se blesse grièvement ou pis encore» sur la piste de luge, près d'un an avant la mort d'un lugeur géorgien, selon un courriel obtenu par des médias canadiens.
Le lugeur Nodar Kumaritashvili s'était tué lors d'un entraînement sur le site olympique juste avant le début des JO. Sa mort avait contraint les organisateurs à apporter des modifications à la piste, mais un rapport de la Fédération internationale de luge (FIL) avait ensuite conclu que l'accident était "imprévisible».
Or, dans un courriel daté de mars 2009, alors que viennent d'avoir lieu des essais sur la piste, le président du Covan, John Furlong, dit craindre non seulement qu'un accident grave s'y produise mais que les organisateurs soient ensuite accusés de n'avoir rien fait pour le prévenir, selon ce document qui a été obtenu par le quotidien The Globe and Mail et la chaîne CBC.
«La plupart des athlètes ont été capables de répondre à ces vitesses extrêmement élevées»
M. Furlong venait alors d'obtenir une copie d'une lettre que le président de la FIL, Josef Fendt, avait adressée au concepteur de la piste pour lui exprimer aussi son inquiétude au sujet des vitesses atteintes sur le tracé, dépassant de 20 km/h les prévisions de ce dernier. Généralement, les parcours sont conçus pour que la vitesse maximale ne dépasse pas 135 km/h.
«La plupart des athlètes ont été capables de répondre à ces vitesses extrêmement élevées», note M. Fendt dans cette lettre au concepteur allemand de la piste, Ugo Gurgel, de la société IBG Designs. «Toutefois (...) cela me préoccupe vivement».
Après avoir lu cette lettre, le président du Covan a demandé à ses conseillers d'examiner la situation. «Je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit à faire», lui a alors répondu le vice-président aux sports du Covan, Tim Gayda.
Le Covan a toujours dit qu'il s'en remettait entièrement à la FIL en matière d'expertise technique pour la piste et qu'il avait procédé à toutes les modifications que la fédération lui avait demandées.
«Le sentiment que nous faisions tout ce qui relevait de notre responsabilité»
Nodan Kumaritashvili s'était tué à l'entraînement en heurtant un poteau métallique après une spectaculaire sortie de piste à environ 140 km/h dans le 16e et dernier virage de la piste.
Le président du Covan a réaffirmé lundi sa conviction d'avoir tout fait ce qui était en son pouvoir concernant les risques présentés par la piste.
«Je me suis demandé: Faisons-nous tout ce qu'il faut faire? Et quand j'ai parlé à notre équipe, aux responsables du sport, et à toutes les personnes concernées, j'ai eu le sentiment que nous faisions tout ce qui relevait de notre responsabilité», a-t-il dit à la chaîne publique CBC.
«Vous devez vous rappeler que le Covan n'est pas expert dans ce domaine et que nous sommes en quelque sorte à la disposition des sports et des responsables dont c'est l'activité permanente, et que donc notre boulot est de maintenir la pression sur eux», a encore dit M. Furlong.
La vidéo est disponible ici. Attention, la violence pour heurter la sensibilité des plus jeunes.


















