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Henri Leconte: «Si Aravane veut que je l'entraîne, pourquoi pas»

Henri Leconte: «Si Aravane veut que je l'entraîne, pourquoi pas»

TENNISCelui qui possède une structure d'entraînement au club de Levallois se dit prêt à suivre la joueuse sur le circuit...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Si Aravane Rezaï va mieux moralement, elle le doit avant tout à ses proches. La joueuse, qui souhaite s'émanciper de son père sur le circuit, insiste sur le soutien de «ses amis, ses sponsors et les gens de son club.» Parmi eux, Henri Leconte, qui gère la structure d’entraînement de Levallois où la joueuse est licenciée. L’ancien tennisman se verrait même entraîner la Française si celle-ci le lui demandait.

En tant que responsable du club de Levallois, pensez-vous pouvoir apporter à Aravane la structure d’entraînement dont elle a besoin?

Pour l’instant, elle a besoin de prendre du recul, assumer tout ça, reprendre du plaisir. Nous, on a déjà mis en place une structure pour les championnats de France (par équipes). Si elle a besoin qu’on la suive sur le circuit, il n’y a aucun problème. Je l’ai déjà aidé. Quand son père était là, je l’ai entraînée pendant trois, quatre jours. Si on peut lui apporter cela, avec une certaine sérénité, c’est avec plaisir.

Lui avez-vous délivré quelques conseils après l’Open d’Australie?

Rien. Juste de prendre du recul, de ne pas faire de déclarations hâtives. Ça peut lui retomber dessus. Elle a un tel potentiel, un tel jeu. Si elle retrouve son niveau, demain elle est dans les 10 meilleures joueuses du monde [elle est 21e actuellement].

Pensez-vous que cette décision, de ne plus impliquer son père dans sa carrière, soit un vrai déclic?

Ça ne peut que l’être. Aujourd’hui, elle ne joue pas. Elle gère cette perturbation. A un moment on est grand, on réalise qu’il faut voler de ses propres ailes.

Est-ce une vraie émancipation, selon vous?

Je pense qu’elle est en train de comprendre certaines choses. Et c’est bien. Il y a des joueurs qui mettent plus de temps que les autres à éclore. Moi-même j’ai mis du temps. L’essentiel est qu’elle soit bien dans sa peau, pas stressée. C’est hyper important.

Pourriez-vous la coacher sur le long terme?

On n’en est pas encore là, mais si elle me le demande, pourquoi pas. Je vais souvent sur les Grand Chelem. Je suis là. Quand elle vient sur Paris, elle sait qu’elle a sa structure à Levallois. Pour nous c’est fantastique. Après, si elle fait une demande supplémentaire pour avoir une personne qui la suive, on peut trouver la solution et lui détacher quelqu’un.

Qui serait le coach idéal pour elle?

C’est elle-même pour l’instant. Elle doit passer le cap avec sa famille. Il ne faut pas la brusquer. Mais tout ça est normal, on aime son papa, sa maman, on ne veut pas leur faire de mal. Ça va se mettre en place tout doucement. Je pense qu’elle est dans une éducation où elle se sent redevable tous les jours. C’est ce qui lui a permis d’aller loin. Aujourd’hui, elle dit: "Moi aussi je veux jouer pour me faire plaisir". La pression de ses parents va se retirer progressivement.