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Marion Rolland, le jour d'après

Marion Rolland, le jour d'après

SKIHuit mois après sa chute «gag» aux JO, la skieuse est d'aplomb pour le début de la Coupe du monde...
Romain Scotto

Romain Scotto

Marion Rolland chute vite. Très vite. Surtout quand elle skie avec un dossard olympique, en mondovision, le jour de la course de sa vie. Mais elle sait aussi se relever. Un peu plus lentement, c’est vrai. La descendeuse française, brocardée à Vancouver pour une gamelle, façon Josiane Balasko dans les Bronzés font du ski, a pris son temps pour rechausser les spatules. «Six mois, c’est le tarif pour une rupture des ligaments», glisse la jeune femme, de nouveau souriante à quelques jours de la reprise de la Coupe du monde, le 23 octobre à Solden.

Ce jour là, Marion Rolland s’élancera huit mois après s’être fait un nom sur la pente olympique de Whistler. Cela n’avait duré que six secondes. Une chute a priori banale et une grave blessure, mais très vite, l’effet boule de neige est en marche. Sur facebook, certains proposent à la Française de passer sa première étoile ou un défi face à un unijambiste paraplégique. Pendant ce temps, la jeune femme s’enferme dans sa bulle, hermétique à tous les sarcasmes.

Remontée à bloc

«Les coachs m’avaient dit de faire gaffe à tout ce qui circulait sur Internet. Du coup je n’ai pas vu grand-chose.» Pour se reconstruire, Marion Rolland a choisi de fuir. «Pour la première fois de ma vie, je suis partie en vacances, avec Florine de Leymarie (une ex-skieuse) au Chili pendant trois semaines, un truc de fou. Juste avec un sac à dos, et roule ma poule. Ça m’a fait du bien. Quand je suis rentrée, j’avais changé d’état d’esprit. J’étais remontée à bloc.» Avec le recul, la skieuse comprend l’ampleur du «buzz» qu’elle a suscité. En revanche, elle ne pardonne pas les moqueries gratuites. «Ça a été de l’acharnement. Quand quelqu’un tombe dans la rue, tu rigoles, mais tu ne lui mets pas des coups de pieds s’il ne se relève pas. A l’époque, ça a été super dur. Il faut savoir qu'on n’est pas des stars de cinéma. On n’a pas l’habitude d’être placés sous les objectifs.»

Pour reprendre pied, la skieuse s'est aussi appuyé sur les conseils du staff tricolore. «Elle s’en est bien remise parce qu’elle a respecté le tableau de marche de sa rééducation, note Jean-Philippe Vuillet, le directeur des équipes de France. Aujourd’hui, on peut dire qu’elle a bien surmonté tout ça. La blessure et les mauvaises blagues.» Dès son retour sur les skis, en stage, la championne de 28 ans retrouvé le goût de la glisse. Au bout d’une demi-journée, ses partenaires s'étonnaient de la voir retailler des courbes, sans trop calculer. «Je ne suis pas tombée dans les travers d’appréhension, de retenue. Ce n'est pas en moi. je n'ai pas non plus pensé à arrêter. Ça a été dur, mais dès le lendemain de ma chute, je me voyais déjà aux prochains Jeux.» Au moins dans la cabane de départ...