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David Villa libère les Ibères

David Villa libère les Ibères

FOOTLes champions d'Europe éliminent le voisin portugais en 8e de finale de la Coupe du monde...
Romain Scotto, au Cap

Romain Scotto, au Cap

De notre envoyé spécial au Cap (Afrique du sud),

Il se passe toujours quelque chose quand David Villa touche le ballon. Un murmure tout d’abord, perceptible de toutes parts. Puis le ronronnement s’intensifie, parfois jusqu’à l’explosion de tout un stade. En une action, sur un but, l’attaquant à barbichette a encore délivré l’Espagne, mardi soir face au Portugal, sur la pelouse du Cap. Ce fut déjà le cas face au Honduras et au Chili en phase de poule. Cette fois, sa frappe décisive ne le rapproche pas seulement du titre de meilleur buteur du Mondial (4 réalisations), elle propulse les Ibères en quart de finale.

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Face aux coéquipiers de Cristiano Ronaldo, la Roja a simplement poursuivit sa lente montée en puissance dans le tournoi. Elle a pourtant patienté, parfois tremblé, pour faire craquer la défense portugaise, inviolée jusque-là, sur cette action d’une rare limpidité. Un ballon glissé dans la surface par Iniesta, dévié en une touche par Xavi puis poussé en deux temps dans le but par Villa. Un régal. Avant cela, ce choc des voisins a mis du temps à se décanter. Non pas par manque d’occasions. Elles furent nombreuses. L’Espagne a posé le pied sur le ballon, comme toujours. Le Portugal a attendu que les attaquants de la Roja s’empalent sur sa défense pour lancer des contres.

Ce petit jeu a duré jusqu’à ce que Vicente Del Bosque demande à ses joueurs d’arrêter de tourner en rond. Son équipe n’a rien perdu de son jeu fait de redoublements de passes, de mouvements, de renversements. Du football comme on n’en voit peu ces temps-ci. Mais une Coupe du monde ne se gagne pas en jouant à la manière d’une équipe de handball. Quand il faut percer une muraille, c’est Villa qui se charge du travail. Le futur buteur du Barça aurait pu en faire un peu plus, s’il n’avait pas buté sur Eduardo, le gardien qui a quitté le Green Point Stadium en larmes. En face, il a juste trouvé une machine qui apprend, au fil des matchs, à s’accommoder d’une encombrante étiquette de favorite. Il faut bien assumer. Répondre présent en permanence, comme face au Paraguay le 3 juillet prochain, à Johannesburg. La lente affirmation de ce groupe, en froid avec sa presse locale, passera par là.