Maxime Bouet: «Les Français ne se font pas remarquer à l'étranger, c'est vrai»
INTERVIEW•Pour sa deuxième saison professionnelle, le jeune Français entend franchir un pallier avec Ag2r La Mondiale...Propos recueillis par Romain scotto
Ils s'était fait un nom l'année dernière sur la route du Tour de France. Maxime Bouet, alors sous les couleurs d'Agritubel, n'avait attendu que trois étapes avant de passer à l'attaque. Cette saison, il espère en faire autant avec l'équipe Ag2r, qu'il a rejoint pendant l'hiver. Le coureur de 23 ans entend même franchir un palier, conscient d'être «un privilégié» parmi les coureurs français, de plus en plus en retrait sur la scène internationale...
Vous découvrez une équipe pro Tour cette saison. Cela signifie que vous avez de nouveaux objectifs?
Oui. J'ai fait une belle année chez Agritubel. J'espère faire beaucoup mieux chez AG2R La Mondiale. Pourquoi ne pas refaire le Tour de France. Essayer de gagner des courses. Me montrer sur des courses comme Paris-Nice, le Dauphiné. Et je l'espère, le Tour.
Vous sentez une attente particulière peser sur vos épaules depuis votre fin de saison et votre arrivée chez AG2R?
Pro Tour, ça veut tout dire. On n'est que deux équipes en France. On a un statut. Vincent Lavenu nous a dit d'être présents dès le début de saison pour remercier le sponsor. Puis toute l'année. On m'a fait confiance en me prenant dans l'équipe. Vincent sait que j'ai gagné quelques courses l'année dernière. Que je vais vite. Donc on va essayer de remettre ça cette année. J'espère regagner des courses. Je vais vite au sprint dans des petits groupes. Après, il faut être sélectionné sur le Tour. Je pense être un coureur de classement général. Pourquoi pas un jour sur les grands tours.
Avec la Française des Jeux, vous faites partie de la seule équipe française rescapée en Pro Tour. C'est un constat d'échec?
Ce que je vois, c'est qu'à l'étranger, les coureurs français ne se font pas beaucoup remarquer. On a tendance à dire qu'ils ne sont pas très bons. C'est vrai. On a la chance d'avoir un sponsor qui a les moyens de nous aider sur tous les tableaux, sur tous les continents. On a des équipes continentales Pro. Moi j'étais chez Agritubel, je sais ce que c'est. Il n'y a pas à dénigrer ces équipes, elles sont très bonnes, elles ont de bonnes structures, mais c'est comme ça. C'est de plus en plus dur de trouver des sponsors.
Vous êtes donc d'accord avec Bernard Hinault quand il affirme que les jeunes coureurs français ne sont pas au niveau...
Moi j'ai eu la chance de gagner une étape à l'étranger l'an dernier (ndlr: le Tour d'Alentejo). Après, beaucoup de coureurs, comme moi, visent le Tour de France et laissent un petit peu les autres courses de côté. Au moment du Giro, beaucoup préparent le Tour. Et au moment de la Vuelta, ils sont fatigués parce qu'ils ont fait le Tour... Les Français fonctionnent comme ça.
Le peloton que vous découvrez depuis un an, est-il différent de celui que vous imaginiez plus jeune?
Quand j'étais jeune, je me disais, passer pro avec toutes les affaires qu'il y a eu, c'est impossible. Et finalement, je me suis retrouvé à passer pro avec mes capacités. Donc c'est possible. On arrive chez les pros, on se dit que c'est impossible de gagner une course. L'année dernière, moi j'en ai gagné quatre. Donc c'est faisable. Maintenant, je me fixe des objectifs supérieurs. Faut être très sérieux, avoir de la volonté. Et sentir une progression, chaque année.


















