Marat Safin fait ses adieux au tennis

TENNIS On ne le verra plus sur un court de tennis et c'est bien dommage...

Matthieu Goar (à Bercy)

— 

Marat Safin lors du dernier match de sa carrière à Bercy, le 11 novembre 2009. 
Marat Safin lors du dernier match de sa carrière à Bercy, le 11 novembre 2009.  — Jacky Naegelen / Reuters
De notre envoyé spécial à Bercy

Une dernière raquette balancée dans le troisième set et Marat Safin est parti comme il le voulait: avec dignité. Battu par Juan-Martin Del Potro (6-4,5-7, 6-4) qui a dû s'employer, l'ancien numéro 1 mondial arrête le tennis à 29 ans. «Juan-Martin, si tu vas jusqu'au bout, garde-moi un peu de ton prize money», a déclaré Marat devant un public debout et quelques grands noms du tennis venus lui rendre hommage (Marc Rosset, Gilles Simon, Novak Djokovic, etc).

Un joueur magique

Triple vainqueur à Bercy (2000, 2002 et 2004), Safin va nous manquer. Fêtard («Oui j'ai quelques amis à Paris mais je garde les plans pour moi»), colérique (combien de raquettes brisées?) et totalement sincère («Si j'ai besoin d'argent, bien sûr que j'écrirai ma biographie. Et même plusieurs»), le Russe est, avec Agassi, le grand homme du tennis des années pré-Federer et post-Sampras. Tout le monde l'annonçait comme le futur maître. Il a «juste» gagné l'US Open en 2000 et l'Open d'Australie en 2005 et brisé au passage les coeurs de milliers de supportrices. Son chef d'oeuvre tennistique restera sa demi-finale contre Roger Federer à Melbourne en 2005. Un des grands matchs des années 2000.





Au-delà de ses 15 titres (dont 5 Masters), Safin était l'un des joueurs les plus appréciés du circuit. «Il va me manquer. Et puis j'adorais lire ses déclarations dans la presse», a expliqué à 20minutes.fr Jo-Wilfried Tsonga. Contrairement à certains, l'attitude incontrôlable du Russe n'a jamais terni son image (ah! cette colère à l'Open d'australie...). Peut-être parce qu'une fois posé son sac à raquette, il redevenait une crême. «Je ne me suis jamais engueulé avec quelqu'un en dehors des courts. Sur le terrain, je pouvais parfois péter un plomb mais juste après c'était fini. C'est une chose dont je suis très fier», a analysé Safin applaudi par l'ensemble des journalistes qui l'ont suivi depuis10 ans.


La bise à une arbitre de filet...


 



Place à la fête


La nuit parisienne du clan Safin promet d'être chaude. D'autant que le Russe entretient une relation particulière avec la capitale française.  «Le début de ma carrière a vraiment commencé ici quand je suis sorti des qualifications à Roland-Garros. Et elle se termine à Bercy. Il ne pouvait y avoir meilleur endroit», a raconté Safin, fatigué du tennis. Les six premiers mois de 2009, il s'entraînait encore. Lundi, il est arrivé à Paris sans avoir touché une raquette depuis 10 jours. «Depuis quelques semaines, je ne joue plus qu'en match. C'est de plus en plus dur de se lever, d'aller à l'aéroport dans les embouteillages, de passer les contrôles...», avait-il glissé  après  avoir battu Thierry Ascione 6-4, 4-6, 7-6 (7/3). Après plus de 700 matchs sur le circuit, Marat Safin veut passer à autre chose. Et tant pis s'il ne sait pas encore ce qu'il va faire de sa retraite dorée. «Si je ne meurs pas, vous me verrez peut-être un jour sur le circuit vétéran. Avant cela, une chose est sûre: il va falloir que je me bouge. J'ai besoin de ça...»