GP de Singapour: Renault de retour sur le lieu du crime
FORMULE 1•Du côté de chez Renault, ce circuit rappelle forcément quelques souvenirs...Romain Scotto
Pour Fernando Alonso et l’équipe Renault, ce devait être retour sur le lieu d’un exploit mémorable. Des retrouvailles avec un le Grand Prix d’une nuit pétaradante dans les rues de Singapour où le pilote espagnol avait renoué l’année dernière avec la victoire. Mais pour un coup de volant pas si maladroit de Nelson Piquet Jr dans un muret, l’écurie française ne risque pas de fêter l'anniversaire de ce retour en grâce.
L’affaire du «crashgate», qui a secoue Renault depuis un mois, a fait entre temps quelques dégâts. Nelson Piquet a beaucoup parlé, Flavio Briatore et Pat Symonds ont été mis au repos forcé par la FIA, mais Fernando Alonso est toujours là. A la veille des essais libres, l’écurie découvre une toute nouvelle organisation...
Un leader braqué sur sa course. Affaire Renault ou pas, Fernando Alonso joue la carte de l’indifférence depuis qu’il a posé le pied à Singapour. A l’entendre, le départ de son ancien patron ne semble pas l’avoir affecté. Même si les médias prennent d’assaut le stand de son écurie, l’ex-double champion du monde tente plutôt de se remobiliser. Tel Raymond Domenech à la veille d’un math contre la Serbie, Fernando Alonso reste focalisé sur son objectif. «Il faut se concentrer sur les quatre dernières courses. Et celle-ci est une course normale pour l’équipe, ose l’Espagnol. Le seul changement, c’est le nombre de photographes et de caméras dans le garage.» Avant les premiers essais libres, le pilote semble même confiant. «La voiture marche bien sur la plupart des circuits, donc je crois que nous sommes suffisamment compétitifs pour être proches du podium, ce qui doit être mon but ce week-end.» On surveillera par quels moyens…
Un pilote mal en point. Comme si l’agitation du début de semaine ne suffisait pas, Romain Grosjean s’est envolé à Singapour l’estomac en vrac. Une intoxication alimentaire l’a contraint à consulter des médecins à Genêve avant son départ. L’hypothèse de le remplacer par le troisième pilote, Lucas Di Grassi, a même été évoquée au sein de l’écurie. Avant que sa présence soit confirmée. Dans la nuit, son état de santé s’est finalement amélioré.
Un organigramme chamboulé. La nomination de Bob Bell n’est peut-être que provisoire. Mais, mine de rien, pour la première fois depuis 1994, la boutique Renault ne sera pas tenue par Flavio Briatore. En attendant l’arrivée d’un nouveau patron d’écurie, c’est donc le directeur technique qui assurera la fonction de directeur d’équipe. Dans un communiqué, Renault a expliqué que cette structure restera en l’état jusqu'à la fin de la saison 2009. Autre nomination, celle de Jean-François Caubet. L'ancien directeur marketing et communication devient directeur général de Renault. Les deux hommes dépendront directement de Bernard Rey, le président de Renault F1.
Des sponsors qui claquent la porte. Dans l’affaire, l’écurie n’a pas perdu que ses têtes pensantes. Deux sponsors majeurs ont quitté les paddocks. Le groupe de banque et d'assurances néerlandais ING et l'assureur espagnol Mutua Madrilena ont annoncé jeudi qu'ils mettaient fin «avec effet immédiat» à leur contrat de parrainage de l'écurie, à la suite de sa condamnation par la FIA. «ING est profondément déçu de la tournure des événements», indique un communiqué. Idem du côté de Matua qui exige le retrait de «son nom, son logo, et de quelconque élément l'identifiant» des monoplaces. Du coup, ce sont des voitures new look qui rouleront à Singapour ce week-end. Par élimination, seul le logo Total restera visible sur les monoplaces d’Alonso et Grosjean. A la place des stickers des sponsors habituels, le nom du constructeur inscrit en noir était visible vendredi.


















