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L’OM et le Feyenoord Rotterdam, deux clubs avec une même trajectoire

Feyenoord Rotterdam – OM : Passé glorieux, entraîneurs et supporters… Deux clubs et une même trajectoire

FOOTBALLL’Olympique de Marseille joue sa demi-finale aller de Ligue Europa Conférence contre le Feyenoord à Rotterdam, deux clubs qui empruntent une même trajectoire
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • L’Olympique de Marseille se déplace ce jeudi (21h) à Rotterdam pour y affronter le Feyenoord en demi-finale aller de la Ligue Europa Conférence.
  • Ces deux villes portuaires partagent beaucoup de similitudes, au-delà de la haine vouée aux capitales respectives de leur pays, Amsterdam et Paris.
  • Cette comparaison va jusqu’au Feyenoord Rotterdam et l’Olympique de Marseille, deux clubs au glorieux passé européen, mais au présent moins prestigieux.

De notre envoyé spécial à Rotterdam,

Une enfilade de petites chapelles de verre laissant entrevoir les fameuses tulipes des Pays Bas. Des petits canaux qui séparent les tout aussi fameux polders sur lesquels paitrent vaches et des moutons. Et bientôt la stationsplein de Rotterdam, et son quartier d’affaire érigé de tours de verre. Heureusement que l’orange, la couleur du pays, est de mise en ce jour de la fête du Roi pour contrebalancer le gris des bâtiments. Mais difficile dans cette ambiance de repérer les supporters du Feyenoord Rotterdam. Demain ils troqueront l’orange pour le rouge et blanc, leurs couleurs, sans délaisser la bière qui coule déjà à flot, pour recevoir l'Olympique de Marseille.

Les Rotterdamois ont troqué leur couleur rouge et blanche pour le orange pour la fête du Roi.
Les Rotterdamois ont troqué leur couleur rouge et blanche pour le orange pour la fête du Roi.  - Adrien Max / 20 Minutes

La deuxième ville des Pays Bas s’apprête à accueillir Marseille, la deuxième de France, pour une place en finale de Ligue Europa Conférence. Et ce n’est pas le seul point commun entre ces deux cités portuaires, puisque les Rotterdamois vouent une « haine viscérale » à la capitale Amsterdam… Tiens, tiens. Et la comparaison entre les deux villes va même jusqu’aux trajectoires de leur club.

Un glorieux passé européen

« Voor altijd de eerste ». Le Feyenoord Rotterdam et l’Olympique de Marseille partagent cette même devise puisqu’ils sont " à jamais les premiers " à avoir conquis le graal européen dans leur pays respectif. Rotterdam, avec la Coupe d’Europe des clubs champions en 1970, l’ancêtre de la Ligue des champions que les Marseillais ont, eux, remporté en 1993. Mais le dernier titre sur la scène européenne des Rotterdamois remonte à 2002, quand les Marseillais ont remporté la Coupe Intertoto en 2005.

L’objectif de gagner la première édition de cette nouvelle Ligue Europa Conférence motive au plus au point ces deux anciens cadors européens, pour répéter la devise. « Le " a jamais les premiers " vient aussi du fait que dès qu’une nouvelle compétition est créée, nous la gagnons. Ils avaient créé un trophée particulier pour l’Eredivisie, c’est la dernière fois qu’on a été champion en 2017. Donc cette nouvelle coupe européenne, elle est forcément pour nous », rappelle Erwan, animateur de la page française du Feyenoord sur Twitter, et supporter depuis 2002. « Pour les fans, il n’y a plus qu’une chose maintenant : se qualifier pour la finale de la Conférence League le 25 mai à Tirana. Ils ont déjà réservé beaucoup de billets et bloqué des chambres d’hôtel. Ils y croient », confie Mikos Gouka, journaliste qui suit le Feyenoord pour Algemeen Dagblad, le deuxième quotidien des Pays Bas.

Des difficultés en championnat

Un glorieux passé européen, mais un présent beaucoup moins prestigieux. L’Olympique de Marseille est à la diète sur la scène nationale depuis le rachat du PSG par le Qatar en 2011. Leur dernier titre de champion de France remonte justement à 2010, juste avant la prise de pouvoir de QSI.

Le Feyenoord se heurte, lui, aux deux cadors des Pays Bas, l’Ajax Amsterdam et le PSV Eindhoven. « 2017 était le dernier titre, mais la dernière fois que ce prix a été remporté, c’était en 1999, rappelle Mikos Gouka. Feyenoord est un grand club, mais beaucoup de choses se passent mal depuis des années. Ils ont peu d’argent et quand ils en ont, ils achètent les mauvais joueurs. Mais cette saison avec Slot comme entraîneur et Dane Frank Arnesen comme directeur technique, les choses se passent mieux que prévu ».

Un nouveau souffle

Arne Slot, l’entraîneur de Feyenoord et Jorge Sampaoli, celui de l’Olympique de Marseille, partagent beaucoup de points communs. Au delà d’être chauve. Ils vivent leur première saison pleine à la tête de leur club respectif, avec un sacré vent de fraîcheur. « Après un bon début de saison avec Dick Advoocat, durant laquelle on croyait vraiment au doublé Championnat – Coupe, le championnat s’est arrêté avec le Covid. Et la suivante a été celle de trop. Arne Slot n’était pas expérimenté, mais ça marche », rappelle Erwan. Quand Sampaoli est venu remplacer un André Villas Boas démissionnaire, et en bout de souffle, il y a un peu plus d’un an.

Le plus jeune des deux a d’ailleurs confié admirer son aîné en conférence de presse d’avant match : « Il y a huit, neuf ans, beaucoup de jeunes entraîneurs suivaient l’exemple de Sampaoli avec le Chili. J’aime beaucoup ce genre d’entraîneurs très offensifs. Il avait même fini par grimper sur un arbre. Je suis fan du jeu et je respecte ce type de fanatisme ». Au point de partager une même philosophie de jeu, alors que Sampaoli « aime beaucoup cet entraîneur ». « Arne Slot joue un jeu très offensif avec Feyenoord. Il chasse l’adversaire et lui met la pression le plus haut possible sur le terrain, à cet égard il y a des similitudes avec Sampaoli », cadre Mikos Gouka.

Les supporters

C’est simple, ce sont les supporters les plus chauds de leur pays respectifs qui vont s’affronter lors de cette demi-finale de Coupe d’Europe. Le Feyenoord est allé jusqu’à retirer le numéro 12 de son effectif, en hommage au 12e homme que forme « Het Legioen », la légion en Français, des supporters du stade De Kuip. « Les plus fanatiques des Pays Bas, qui peuvent se déplacer jusqu’à 10.000 personnes partout en Europe », rappelle le journaliste d’Algemeen Dagblad, le deuxième quotidien des Pays Bas. Ça tombe bien, en face ils auront à faire au meilleur public de France et les 2.000 supporters qui viennent depuis Marseille en bus.

La comparaison va même un peu plus loin. Le club hollandais a appelé ses supporters au calme pour ce match contre l’OM, après avoir reçu une dizaine d’amendes par l’UEFA depuis le début de saison, pour un montant de près d’un demi-million d’euros. « Notamment pour utilisation de feux d’artifice envers les supporters adversaires », explique Mikos Gouka. Soit l’une des raisons de la fermeture du virage nord du stade Vélodrome pour le match retour.