La France n'est pas très sport avec le baby

David Phelippeau

— 

Farid Lounas prend râteau sur râteau. Le président de la Fédération internationale et française de football miniature (dont le siège est à Nantes) se bat depuis des années pour que sa discipline soit reconnue comme un sport. Pour l'heure, il se heurte à un mur. « C'est le black-out total du côté du ministère », explique celui qui reconnaît toutefois avoir des soutiens locaux, comme Marie-Françoise Clergeau (adjointe aux Sports à la mairie de Nantes) et Michel Ménard (député PS). Cette absence d'agrément ministériel ne facilite pas « l'accès aux équipements », « l'encadrement des jeunes », et surtout, fait évidemment obstacle à toutes « subventions de la part des collectivités ».

Pour organiser ce Mondial, qui débute aujourd'hui à Mangin-Beaulieu, « c'est le système D, assure Farid. On se débrouille avec des échanges de services et du bénévolat. » Mais, finalement, pourquoi le baby-foot ne serait-il pas considéré comme un sport, alors que la pétanque ou le billard le sont ? Pour cet ancien top 5 mondial de la discipline et actuel gérant d'une société de production de cinéma, le baby possède les critères inhérents à la dénomination « sport ». « C'est tout d'abord physique, explique Farid. Sans doute plus que le tir à l'arc ou la pétanque... [les parties de baby-foot peuvent durer des heures et les avant-bras et poignets sont mis à rude épreuve]. » Deuxième aspect : « C'est technique. Il faut six à huit heures d'entraînement par jour pour être international. » Enfin, l'aspect « psychologique » est primordial. « Il est nécessaire d'avoir un grand sens tactique. La tension est forte... » ■