La dernière roucoulette de Richardson

Romain Scotto, avec agence
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L'ex-capitaine de l'équipe de France de handball Jackson Richardson a confirmé mardi qu'il arrêterait sa carrière sportive samedi 10 mai après l'ultime journée du Championnat de France de D1, à l'issue du match opposant son club de Chambéry à Ivry, champion de France en titre.
L'ex-capitaine de l'équipe de France de handball Jackson Richardson a confirmé mardi qu'il arrêterait sa carrière sportive samedi 10 mai après l'ultime journée du Championnat de France de D1, à l'issue du match opposant son club de Chambéry à Ivry, champion de France en titre. — Jean-Pierre Clatot AFP/Archives

Il est le joueur le plus emblématique de son sport. L’un des plus talentueux aussi. Après presque vingt ans au plus haut niveau, Jackson Richardson joue samedi avec Chambéry le dernier match de sa carrière. «Une petite mort pour tous les fans de handball», regrette Philippe Gardent, son entraîneur actuel et ancien partenaire en équipe de France.

Face à Ivry, c’est dans une halle olympique de Chambéry pleine à craquer qu’il foule pour la dernière fois un parquet en match officiel. A bientôt 39 ans, celui que l’on surnomme «Monsieur plus» laisse derrière lui beaucoup plus que le souvenir d’un des meilleurs joueurs de l’histoire. Jackson Richardson est surtout un joueur «qui a révolutionné son sport, en apportant une touche artistique à une époque où on était plutôt dans la fabrique de joueurs bodybuildés », poursuit Gardent qui ancien compagnon de chambrée.

Porte-drapeau à Athènes


A lui seul, l’ancien demi-centre de l’OM-Vitrolles a popularisé le handball en France. Par son nom de starlette américaine, ses rastas improbables et ses gestes spectaculaires. Mais aussi son charisme et son image de joueur exemplaire. En 2004, il fut d’ailleurs désigné porte-drapeau de la délégation française aux Jeux Olympiques d’Athènes.

Jackson Richardson «ne s’est pas trop pris au sérieux même, si sur le terrain, il a toujours eu sérieusement envie de gagner», souligne le capitaine de l’équipe de France, Olivier Girault. «Un gars qui crevait l’écran par sa folie et son génie», poursuit André Amiel, le président de la fédération. Daniel Costantini, qui le repéra en 1988 à la Réunion, est encore plus élogieux: «A titre personnel, je peux le dire; qu’aurait été Daniel Costantini sans Jackson Richardson? Certainement pas le même en termes de notoriété et de palmarès.»

Meilleur joueur français du siècle

En matière de palmarès justement, la star du hand français présente un CV inégalé. Double champion du monde en 1995 et 2001, tantôt barjot, tantôt costaud. Double champion de France, d’Espagne et vainqueur, entre autres, de la Ligue des Champions. En 1995, il fut aussi sacré meilleur joueur au monde avant d’être désigné meilleur Français du siècle par la fédération française.

Il est temps désormais pour le recordman de sélections en équipe de France (417) de se retirer avec sa famille sur son île natale de la Réunion pour se consacrer à ses projets immobiliers. Son coup de poignet imprévisible et ses roucoulettes vont vite nous manquer…