Boxe thaï: Pour la première fois, une boxeuse transgenre va combattre en France...contre un homme

FOOTBALL Nong Rose a disputé près de 300 combats dans sa carrière...

J.L. avec AFP

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Nong Rose s'est longuement préparée pour son premier combat à l'étranger.
Nong Rose s'est longuement préparée pour son premier combat à l'étranger. — Lillian SUWANRUMPHA / AFP

Sur le ring, elle porte son rouge à lèvres et sa brassière rose comme des étendards. La Thaïlandaise Nong Rose, aux kicks dévastateurs, sera la première boxeuse transgenre à combattre en France samedi 6 janvier. Avant le gala de Coubertin, dans le 16e arrondissement de Paris, contre Akram Hamidi, champion de France, c'est dans un petit village du centre de la Thaïlande que cette adepte de boxe thaïe de 21 ans s'est préparée pour son premier combat à l'étranger.

30 victoires par KO en 300 combats

Face à elle, pour l'entraînement, son frère jumeau encaisse les puissants coups de genoux de celle qui combat dans la catégorie des moins de 52 kilos. La boxe thaïlandaise fait partie de l'ADN de leur famille, originaire d'une petite ville du centre de la Thaïlande: c'est leur oncle, professionnel de boxe thaïe, le Muay thai, qui donne aux deux enfants leurs premiers rudiments, dès l'âge de huit ans. «Depuis tout petits, on a l'habitude de se battre... mais elle a toujours été plus forte que moi», s'amuse Somrak Polchareon, son frère jumeau.

A l'état civil, Nong Rose est Somros Polchareon et reste un homme. Même si elle se sent fille depuis qu'elle est enfant, elle a attendu l'âge de 14 ans pour oser porter des habits féminins. «Quand j'ai commencé à m'habiller en femme, j'avais peur que les gens ne l'acceptent pas», raconte la jeune femme aux longs cheveux noirs, qui combat contre des hommes.  «Dans mon village tout le monde me connaissait donc c'était facile», explique-t-elle. «Mais en dehors de la ville, certains boxeurs me regardaient de travers et affirmaient que les trans ne pouvaient pas gagner», ajoute-t-elle.

Un combat contre le champion de France

Des insultes au départ difficiles à surmonter mais qu'elle a appris à encaisser. Aujourd'hui, elle est fière de son parcours «et heureuse d'être la première trans à combattre en France». Passée professionnelle depuis deux ans, à la fin du lycée, Nong Rose monte sur le ring une fois par mois en moyenne pour des cachets de 100.000 bahts (2.500 euros). Elle compte plus de 150 victoires sur quelque 300 combats, dont plus de 30 KO. «Au combat, elle avance toujours sur vous et vous martèle de coups de genoux», raconte Chalongchai Meemindee, 25 ans, connu sous le nom de «Phetsuphan» et qui a affronté Rose en novembre 2017.